Faits divers

La police et la justice françaises recherchent deux Bruxellois après l’importante saisie d'armes et d’explosifs et un hold-up déjoué à Strasbourg le 28 décembre dernier : Hassan Maâche, 48 ans, fiché au grand banditisme belge depuis les années 1980, et Abderrahim Bekhti dont le frère Abdelatif Bekhti condamné à 30 ans pour terrorisme au Maroc y est détenu avec Belliraj.

Maâche, qui totalise 36 ans de peines additionnées pour 11 hold-up de banque et transports de fonds, est sorti en 2007 après en avoir purgé 22.

Et le frère d’Abderrahim Bekhti détenu avec Belliraj au Maroc avait déjà été condamné en 2003 à 20 ans au Grand-Duché pour un hold-up de 17 millions d'euros contre une centrale Brink’s.

Le hold-up que les deux Belges préparaient fin décembre en Alsace avait peut-être pour objectif de financer un projet d’évasion du réseau Belliraj au Maroc.

La France ne veut pas confirmer que Maâche et Bekhti sont les deux targets belges recherchés depuis trois semaines par le parquet de Strasbourg. Des sources multiples et recoupées confirment que les noms de Maâche et Bekhti reviennent à de très nombreuses reprises dans le dossier français.

"Je vais changer ma vie", disait Hassan Maâche en sortant de prison en septembre 2007. Alors âgé de 42 ans, le truand bruxellois mais possédant la nationalité française (la famille provient de Lille) avait passé la moitié de sa vie en prison.

Deux évasions réussies (Arlon 1986, Lantin 1987), Maâche, soupçonné de 40 hold-up de banque et fourgons en Belgique et le nord de la France, n’a pourtant été condamné que pour 11.

Ceux qui le connaissent le décrivent comme "élégant, charmant, ne manquant pas d’humour". Moins médiatique que Patrick Haemers, son contemporain. "Entre nous deux, il y a un monde de différence. Je ne suis pas une vedette qui recherche les médias." Les deux se sont croisés en prison, une fois, à Forest. "J’ai tout de suite vu que Haemers n’était pas le vrai chef de sa bande", nous confiait-il en 2001 lors d’une interview téléphonique depuis la prison de Bruges.

À la différence d’Haemers, "je n’ai pas de sang sur les mains. Je ne cherche pas d’excuses, je sais ce que j’ai fait. Mais pas une famille, pas un enfant, pas une épouse ne pleure un mort à cause de moi. Je n’ai personne en chaise roulante sur la conscience. Je n’ai pas de regret. La vie ne m’a pas fait de cadeau. Recommencer quand je serai libre, aucun risque, jamais !"

Abderrahim Bekhti, qui totalise plus de 6 ans pour vol avec violence, coups à agent, corruption d'agent pénitentiaire et blanchiment d’argent provenant d’un hold-up, a été condamné avec un fils Belliraj, ce qui établit le lien.

La police a aussi saisi chez lui en 2008 un lance-roquettes de l’armée belge qu’il devait envoyer à Belliraj au Maroc où il doit souffrir, Abderrahim Bekhti, de savoir son frère détenu avec Belliraj dans les pires conditions, peut-être torturé à la prison de Salé, jusqu'en 2028.