Dix-huit ans de combat judiciaire

Sarah Rasujew Publié le - Mis à jour le

Faits divers

Les parents d’Hélène Massange veulent comprendre ce qui a causé le handicap de leur fille

LIEGE Ce jeudi, la 20 e chambre de la cour civile d’appel de Liège s’est penchée sur un dossier tragique.

Tout a commencé le 16 mars 1993. Ce jour-là, Bénédicte Massange devait accoucher de son deuxième enfant, une petite fille. Le travail devait se réaliser au Centre hospitalier Peltzer-La Tourelle de Verviers.

Bénédicte était suivie par le même gynécologue que lors de son premier accouchement. Seul l’anesthésiste n’était pas le même que la première fois. L’accouchement devait se passer par césarienne comme pour le premier bébé du couple. La césarienne était prévue à 10 h.

Bénédicte a reçu une péridurale et, à 10 h 23, elle a fait un grave malaise. Puis a fait une syncope. Cinq minutes ont été nécessaires pour stabiliser et réanimer la maman.

Les médecins ont fait appel au service de pédiatrie. Un pédiatre en formation est arrivé dans la salle d’accouchement. Les médecins ont réalisé une anesthésie et sorti le bébé du ventre de sa maman. La petite fille, Hélène, était bleue et ne criait pas. Elle était en état de mort apparente. Le médecin a alors tenté une réanimation. Hélène a ensuite été intubée par un autre pédiatre.

Avant sa réanimation, le cerveau d’Hélène a subi des dégâts irréversibles car il n’était pas oxygéné. L’enfant a été mise dans une couveuse et a reçu de nombreux soins.

La maman est restée pendant trois jours aux soins intensifs. Quelques jours après l’accouchement, les services de l’hôpital ont expliqué à Walthère, le papa d’Hélène, qu’ils devaient reprendre la couveuse dans laquelle se trouvait le bébé ! Une couveuse qui était essentielle à la survie du nourrisson.

Walthère a alors décidé de demander le transfert de l’enfant vers l’hôpital de la Citadelle de Liège. Alors que la maman était transférée dans un service approprié de l’hôpital Peltzer-La Tourelle de Verviers, son bébé se trouvait à une trentaine de kilomètres, à Liège.

Les parents ont attendu un an après la naissance de leur fille pour entamer les procédures judiciaires. Après avoir pris conseil auprès d’un avocat, ils se sont d’abord tournés vers la justice pénale.

Après un acquittement général, ils ont décidé de demander justice au civil. Après deux expertises, le tribunal civil de Verviers n’a pas réussi à imputer une responsabilité individuelle et a donc acquitté les médecins, mais aussi l’hôpital.

Devant la cour d’appel de Liège, l’avocat des parents souhaite que la lumière soit faite sur les responsabilités. Il a demandé des devoirs complémentaires dont l’audition de l’anesthésiste, mais aussi des infirmières qui ont assisté à l’accouchement.

Du côté de l’hôpital et des médecins, on rejette toute responsabilité.



© La Dernière Heure 2012
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