Faits divers L’avocat de la prévenue demande une déclaration simple de culpabilité.

Le tribunal correctionnel du Brabant wallon a consacré la journée entière, mardi, pour enfin boucler le dossier dit "Capitalium". La parole était aux avocats de la défense pour évoquer le rôle des huit prévenus dans cette vaste fraude ayant permis, de 2002 à 2011, de détourner plus de 7,2 millions d’euros au préjudice de particuliers en quête de placements financiers juteux.

Véronique Van Acker, ancienne femme d’affaires flamboyante et prévenue principale du dossier se disant aujourd’hui sans le sou, avait réussi à l’époque à duper quelques noms connus comme les ex-footballeurs professionnels Luigi Pieroni et Mbo Mpenza. Elle est à présent en aveux et endosse un rôle de chef d’orchestre de ces escroqueries commises via les sociétés de son groupe, Capitalium.

Mais hier, l’avocat de Véronique Van Acker a demandé au tribunal de se limiter à une simple déclaration de culpabilité pour sa cliente. En clair, pas de peine alors que de son côté, le ministère public avait requis quatre ans d’emprisonnement…

Pour Me Marko Obradovic, qui a de sérieux arguments, l’enquête a été un désastre et le délai raisonnable dans lequel un justiciable peut s’attendre à être jugé est largement dépassé. C’est que sa cliente a été entendue pour la première fois par la police fédérale en février 2009. Il y aura donc neuf ans dans quelques jours ! Pratiquement toutes les auditions importantes, elles, ont été bouclées en juin 2011, comme en atteste un PV de synthèse. Le ministère public a bien objecté, à la dernière audience, que le dossier était complexe, notamment à cause des nombreuses pièces comptables à analyser. Las, l’expert qui a épluché les comptes des diverses sociétés Capitalium a rendu son rapport en mai… 2012. Il manquait les résultats d’une commission rogatoire que le juge d’instruction devait envoyer au Luxembourg. Il l’a envisagée en mai 2011, rédigée fin octobre 2012, envoyée en février 2013, puis complétée à la demande des autorités luxembourgeoises en novembre 2013. Les résultats ont fait l’objet d’un PV en juin 2015… "On est dans une violation manifeste du délai raisonnable", a plaidé le conseil de Van Acker.

D’autres avocats de la défense ont mis en évidence des lacunes dans l’enquête et la réplique de la substitut en fin d’audience a pris des airs d’aveux : "J’ai vraiment fait tout ce que j’ai pu avec ce dossier…" Jugement le 13 avril.