Faits divers 20 ans de prison prononcés hier pour l’assassinat de deux de ses bébés et des coups portés aux deux autres.

Mahacine B., 36 ans, a été condamnée, hier matin, à une peine de 20 ans de prison pour l’assassinat de deux de ses enfants et des coups et blessures volontaires sur ceux-ci et ses deux autres.

La trentenaire a accueilli la décision du tribunal correctionnel de Bruxelles avec un torrent de larmes. Elle a été laissée libre à l’issue de l’audience. Le tribunal a considéré qu’il n’y avait pas de risque qu’elle disparaisse dans la nature. Son passeport lui a même été rendu. Mahacine B. n’a pas fait un seul jour de détention dans ce dossier et s’est toujours présentée à ses convocations.

Si elle décide de faire appel de la décision, après consultation avec son avocate, Me Nathalie Gallant, elle conservera la liberté au moins jusqu’à sa comparution devant la cour.

La grande question posée au tribunal lors du procès était celle des violences conjugales et du syndrome de Munchhausen par procuration.

Les coups portés par le mari de Mahacine B. sont-ils des circonstances atténuantes ? Et ce syndrome - qui veut qu’une personne blesse ou empoisonne ses enfants afin d’attirer l’attention sur elle - permet-il une forme de pardon ?

La réponse du tribunal est claire : non. "Il n’est pas dénié de toute crédibilité que la prévenue ait enduré des violences de la part de son mari. Mais le tribunal s’étonne qu’elle n’ait pas déposé plus qu’une plainte, qu’elle n’ait pas entrepris de démarches pour quitter son époux", précise le jugement.

Pire : tous deux sont encore mariés et le divorce n’a même pas été engagé. Les juges ont qualifié les faits "d’incompréhensibles, injustifiables (et) impardonnables". Ils se sont aussi appuyés, entre autres, sur une expertise psychiatrique mentionnant que Mahacine B. a "réifié ses enfants, qui deviennent des outils pour échapper à son mari. Ce qui compte, c’est sa souffrance à elle."

Au bout de plusieurs années d’enquête, entre 2007 et 2011, la mère de famille avait fini par reconnaître avoir étouffé ses enfants à l’aide d’une couverture avant d’appeler les secours. Certains faits ont même eu lieu au sein d’un hôpital.

La mère changeait souvent d’établissement, pour brouiller les pistes selon le parquet.

Il a fallu longtemps avant que des médecins ne soupçonnent un syndrome de Munchhausen par procuration. Avec de meilleurs échanges entre les différents hôpitaux bruxellois, une vie aurait peut-être pu être sauvée. Aujourd’hui, les dossiers médicaux sont bien mieux partagés entre les établissements.

Romaïssae (10 mois) et Waed (28 mois) avaient été mortellement étouffés en 2009. Le tribunal a considéré que les deux autres enfants avaient aussi été victimes de violences similaires. La fille aînée de Mahacine B., aujourd’hui adolescente, avait été hospitalisée pour une détresse respiratoire à l’âge de 7 ans. Des médecins lui avaient posé un défibrillateur, qui s’est avéré totalement inutile.