Faits divers "Ma mère m’a agressé avec un couteau", explique Xavier Moriamé qui a brûlé les corps dans une voiture.

Xavier Moriamé marmonne dans ses dents. Il s’embrouille dans ses déclarations qui diffèrent de celles qu’il a faites aux enquêteurs. Bien entendu, cet homme de 37 ans reconnaît avoir tué sa mère Jacqueline Wallemacq et sa tante Danièle Wallemacq, le matin de Noël 2014. Mais il nuance avec une froideur surprenante. "Les relations avec ma mère ont toujours été médiocres et elles ont empiré au décès de mon père qu’elle me mettait sur le dos. Nous habitions la même maison, séparée en deux, à Sautin. On se disputait tout le temps car elle coupait le chauffage et l’électricité", déclare le prévenu poursuivi pour parricide et meurtre.

Jacqueline Wallemacq avait fini par se réfugier chez sa sœur Danièle car elle craignait son fils. La police était d’ailleurs intervenue pour mettre fin à une scène au cours de laquelle il lui avait tiré les cheveux (ce qu’il nie). Les tensions ont atteint leur paroxysme lorsque, le 16 décembre, Jacqueline Wallemacq a introduit une demande d’expulsion devant le juge de paix. "Ça n’a rien changé pour moi. J’avais un point de chute mais je ne suis pas parti car c’était la maison de mon enfance".

Pourtant, le matin de Noël, Xavier Moriamé se rend chez sa mère en rentrant de sa balade à vélo. "J’ai vu la porte entrouverte et je suis entré. Maman m’a immédiatement frappé avec un balai. Je me suis dirigé vers la sortie et j’ai entendu ma tante crier. Ma mère avait un couteau à la main. Elle menaçait de me poignarder et de faire de même avec mes enfants. J’ai donc pris un couteau et on s’est battu, mais ma lame à casser. J’ai empoigné un chevron pour la désarmer".

Confus, Xavier Moriamé dit s’être acharné avec ce chevron, frappant sa tante Danièle en pensant qu’il s’agissait de sa mère. "J’ai compris que ma mère était réfugiée dans sa chambre quand elle a crié. Je lui ai pris son couteau des mains et je l’ai poignardée à plusieurs reprises".

Le prévenu explique ensuite s’être rendu chez lui et avoir dit à Jennifer Cannoot qu’il "avait fait une bêtise". Selon lui, sa compagne l’aurait aidé à mettre les corps dans la voiture. Il a empoigné un bidon d’essence et un briquet et s’est rendu au bois de Renlies pour incendier le véhicule, sans vérifier que les victimes étaient bien mortes. "Vu le sang, j’en étais sûr. Ma tante avait la tête explosée", se justifie-t-il, glacial. Et après s’être débarrassé des vêtements ensanglantés, le couple s’est tranquillement rendu à un repas de famille. Joyeux Noël…


"Si tu entres, tu es complice"

Jennifer Cannoot comparaissait libre aux côtés de son ex-compagnon. La jeune femme ne répond que de recel de cadavres et de l’incendie du véhicule. Mais elle affirme avoir été mise devant le fait accompli par Xavier Moriamé. "Je n’ai rien entendu de la scène "explique la prévenue. "Quand il est rentré, il avait l’air bizarre. Il m’a dit qu’il avait réglé le problème avec la vieille et qu’il fallait que je le suive chez celle-ci. J’ai vu le corps dans le salon et il l’a traîné jusqu’à la voiture. Il m’a demandé de l’aider, mais j’ai refusé car j’étais tétanisée. Il m’a dit que, comme j’étais rentrée, j’étais complice. Ce n’est qu’une fois le cadavre dans le coffre que j’ai compris que c’était sa tante Jacqueline. Il est ensuite allé dans la chambre et a tiré le corps de sa mère. Il m’a encore demandé de l’aide et j’ai à nouveau refusé".

Jennifer Cannoot déclare qu’elle s’est ensuite rendue aux toilettes pour vomir et qu’elle n’a pas vu Xavier Moriamé s’emparer d’un briquet et d’un bidon d’essence. "Il m’a donné rendez-vous au carrefour en Y de Renlies. Je n’ai sais pas pourquoi je suis restée quand il est parti incendier la voiture. J’avais peur de lui. Il venait de tuer deux personnes".

La prévenue ne se souvient plus avoir raclé les flaques de sang dans la maison mais elle confirme que son compagnon lui a pris ses vêtements pour les jeter dans un sac avec les siens. Malgré les faits, le couple a perduré jusqu’en 2016. "Il a fallu une thérapie pour que je me rende compte de certaines choses", conclut-elle.