Faits divers

Didier Pineau Valencienne est coupable de faux et d'escroquerie, mais échappe à toute sanction judiciaire

BRUXELLES Didier Pineau Valencienne n'est donc pas condamné. Celui qui a passé 12 jours en prison en 1993 a quitté hier le tribunal... avec le sourire.

Et pour cause. Alors qu'il est reconnu coupable de faux et d'escroquerie, DPV s'en sort avec une simple déclaration de culpabilité. Dans le jargon judiciaire, cela signifie: «Vous êtes coupable et on ne vous condamne pas!».

La présidente Laurence Massart a estimé que l'ancienneté des faits justifiait l'absence de condamnation. Pourtant, au cours d'un réquisitoire- fleuve, solide et bien ficelé, le procureur Godbille avait réclamé une peine de 4 ans de prison avec sursis. Le tribunal en a décidé autrement.

Cependant, la kyrielle d'avocats de la défense avait aussi réclamé la prescription. Cette fois, la présidente a rejoint le procureur Godbille en estimant que l'affaire n'était pas prescrite.

«Si le retard pris par la justice n'est pas imputable aux prévenus et que, dès lors, je ne prononcerai pas de condamnation, l'affaire n'est pas pour autant prescrite», a signalé la présidente Massart.

L'accusation avait également réclamé la confiscation de quelque 150 millions d'euros. Le tribunal n'a pas ordonné cette confiscation.

Ainsi se termine cette formidable saga qui avait éclaté en 1993 avec l'arrestation de Didier Pineau Valencienne (DPV) et son incarcération à Bruxelles durant 12 jours. Le patron du groupe Schneider était sous les verrous.

Trois actionnaires minoritaires de la filiale belge du groupe Schneider, à savoir les sociétés Cofimines et Cofibel, estiment avoir été escroqués par des OPA (offres publiques d'achat) lancées par Schneider, Comipar et Elf Aquitaine.

L'enquête démarre.

Et l'instruction met au jour une caisse noire, aussi appelée trésor de guerre, appartenant au groupe Schneider. De l'argent via des sociétés offshore installées dans des paradis fiscaux (Liechtenstein, Panama, Suisse).

Le lien? Les sociétés offshore auraient détourné des avoirs des sociétés Cofibel et Cofimines au profit du groupe Schneider sans qu'aucune déclaration ne soit faite.

Parmi les prévenus, on retrouvait le cousin de Bernadette Chirac. Mais les poursuites ont été déclarées irrecevables à l'encontre de Jean Chodron de Courcel.

© La Dernière Heure 2006