Faits divers Bénédicte Jadot en est convaincue

ARLON »Je suis convaincue que si je ne m'étais pas échappée, on serait tous les trois morts », a déclaré lundi devant la cour d'assises Bénédicte Jadot, une des trois personnes séquestrées et droguées par Marc Dutroux et Bernard Weinstein dans la nuit du 4 au 5 novembre 1995.

Mme Jadot s'est constitué partie civile lundi contre Marc Dutroux Elle ne réclame aucun dédommagement financier. Marc Dutroux a contesté, rejetant la responsabilité de la séquestration sur Bernard Weinstein. Ces deux hommes avaient un différend avec Philippe Divers et Pierre Rochow, compagnon de Bénédicte Jadot. Ils les soupçonnaient de les avoir doublés pour le vol d'un camion. Ces derniers niaient.

Le 4 novembre, les quatre hommes, qui ignoraient que le camion avait été récupéré par la police après une information d'un indicateur, devaient s'expliquer chez Bernard Weinstein au sujet de cette affaire. Une fois chez Weinstein, Rochow et Divers ont été menacés, enchaînés et drogués. Weinstein et Dutroux sont allés chez Rochow à la recherche d'indices. Ils y ont découvert Bénédicte Jadot. Ils lui ont dit que son compagnon n'était pas bien et qu'elle devait venir à Jumet. «Vu que Pierre ne m'avait dit que du bien de Bernard, je ne me suis pas tracassée », a dit la témoin.

Une fois à Jumet, elle a vu que Rochow et Divers étaient enchaînés. Elle a été interrogée par Dutroux et Weinstein sur le vol du camion. «Je ne savais pas ce qui se passait. Je pleurais et il y avait toutes ces questions. Ils étaient assez énervés », a-t-elle expliqué. Bénédicte Jadot a réussi à dissimuler une partie des comprimés de Rohypnol que Dutroux et Weinstein ont voulu lui imposer. Elle ne sait comment elle a pu avoir cette réaction salutaire. «Je ne sais pas. C'est l'inconscient », a-t-elle répondu au président.

Elle n'a pas été enchaînée et a réussi à s'enfuir et prévenir un voisin quand Dutroux et Weinstein sont sortis pour aller chercher une autre personne qui aurait pu les éclairer sur le sort du camion. Elle s'est réveillée à l'hôpital. Cette séquestration a conduit à l'arrestation de Marc Dutroux qui a été reconnu par Pierre Rochow. Plus personne n'a vu Bernard Weinstein, recherché par la police pour ces faits, depuis cette date.

Pour Mme Jadot, Marc Dutroux semblait commander Bernard Weinstein. Marc Dutroux l'a constesté. Il a expliqué que, se sentant trahi, «la pire chose qu'il pouvait ressentir », Bernard Weinstein, était prêt à tout. «J'ai essayé de calmer le jeu. Je contrôlais Weinstein pour que cela ne déraille pas », a tempéré Marc Dutroux.

Il a une nouvelle fois contesté qu'il aurait tué les trois personnes séquestrées si elles ne s'étaient échappées, même si une dénonciation à la police l'aurait conduit en prison. «Je ne vais pas tuer des gens pour éviter la prison. Il y a une marge », a-t-il dit