Faits divers Neuf agents communaux d’Andenne se trouvent au cœur d’une enquête judiciaire.

L’Office national de sécurité sociale (l’ONSS) et la justice namuroise enquêtent depuis plusieurs mois sur des emplois prétendument fictifs au sein de la zone de police des Arches, commune à Andenne, Fernelmont, Ohey, Gesves et Assesse. De quoi parle-t-on ? De neuf agents engagés à temps plein par la Ville d’Andenne et qui, s’étonne l’ONSS, bénéficient d’un autre contrat de travail au sein de la police locale.

Ces employés prestent-ils réellement plus d’un temps plein ? Leurs deux contrats leur permettent-ils de s’acquitter efficacement de leurs tâches au service de la Ville, d’une part, et de la zone de police, de l’autre ? S’agit-il, comme nous l’avons entendu, d’une manière pour la Ville d’Andenne de rémunérer plus avantageusement des fonctionnaires ? Il appartient à l’enquête ouverte par l’auditorat du travail de Namur et menée par la section Ecofin de la police judiciaire fédérale de Namur de répondre.

Les employés visés ont été interrogés par la police judiciaire. Il s’agit du juriste de la Ville qui cumule son temps plein avec un tiers-temps à la police en tant que secrétaire de zone, et d’un comptable spécial qui additionne un temps plein à l’administration communale et un mi-temps à la zone. "Tous deux bénéficient donc de deux salaires et, logiquement, des primes liées à leur grade", glisse une source proche du dossier.

Dans le collimateur de l’ONSS et de la justice, également : l’informaticien de la Ville occupé en plus à 1/5e temps à la zone de police, la directrice des ressources humaines de la Ville, qui preste 1/4 temps en sus à la police ou encore le chef des travaux de la Ville, ingénieur, qui s’occupe des marchés publics de la police, à concurrence d’1/5e temps. D’autres cumuls visés par l’enquête concernent aussi la zone de secours Nage à laquelle appartient Andenne, aux côtés de neuf communes namuroises.

La riposte du député-bourgmestre d’Andenne est à la hauteur des soupçons. "Cette enquête est initiée par une fonctionnaire de l’ONSS qui considère que les agents en question n’effectuent pas les prestations liées à leur contrat de travail à la zone de police, et qu’il s’agit donc de contrats fictifs. C’est faux !", tance Claude Eerdekens (PS). "Il s’agit au contraire de fonctionnaires d’élite, de grand talent, reconnus pour leurs compétences et qui travaillent d’arrache-pied, à la Ville comme à la zone de police."

Avocat, Eerdekens montre les dents : "C’est une véritable agression, qui laisse l’impression d’un acte de malveillance. Je cherche à comprendre le raisonnement de cette fonctionnaire de l’ONSS, qui n’a pas toutes ses cases au bon endroit. Mais s’il faut citer 200, 300 ou 400 témoins pour prouver notre bonne foi, nous ferons entendre Maxime Prévot (le bourgmestre CDH de Namur, NdlR) , l’auditeur du travail à Namur, le procureur du Roi de Namur, la direction de la prison, le commissaire divisionnaire de la police, des bourgmestres et bien d’autres : tous ont participé à des réunions de travail auxquelles ont pris part les agents visés par l’enquête. Ils pourront témoigner…"

Le porte-parole de l’ONSS s’est retranché derrière le secret professionnel et n’a pu répondre à nos questions, mardi, tandis que l’auditrice du travail de Namur était en formation toute la journée, et injoignable.