Faits divers
Un blog contre le harcèlement au sein du Parlement européen a été lancé.

Plusieurs personnes travaillant au sein du Parlement européen ont décidé de dénoncer les abus qui existent au sein de l'institution. Harcèlement, sexisme ou encore abus sexuels : plusieurs victimes ont décidé de témoigner de manière anonyme sur un blog lancé ce mardi, "MeTooEP". 



Une première victime explique sur ce blog avoir reçu un mail d'un conseiller politique travaillant au Parlement européen. En pièces jointes, plusieurs photos de la plaignante, prises à son insu avec comme objet du mail "J'ai plus de photos de toi".

Une autre personne raconte ce qu'elle lui est arrivée lors d'une mission officielle où elle partageait son logement Airbnb avec un collègue. "Une nuit, j'étais couchée quand j'ai entendu frapper à ma porte" explique-t-elle. "J'étais tellement fatiguée que je n'ai pas répondu. La porte s'est alors ouverte et mon collègue est entré, en slip. Alors que je lui demandais de me laisser tranquille, il m'a agressée et m'a touché les seins en me tordant violemment les tétons. Il s'est ensuite frotté à ma cuisse. Plus tard, j'ai envoyé une plainte à l'autorité compétente, j'attends toujours une réponse..."

Une troisième histoire provient du témoignage d'un jeune stagiaire masculin au Parlement Européen. A la suite d'une activité de team-building bien arrosée, le jeune homme se rend vite compte qu'il est suivi par un collègue. "Pendant que nous parlions avec d'autres personnes, il passait sa main sous mon t-shirt pour sentir ma peau mais je lui faisais comprendre que je n'étais pas intéressé" raconte le jeune stagiaire. "Très alcoolisé, j'ai alors décidé d'aller dans ma chambre pour dormir. L'homme en question m'a demandé s'il pouvait utiliser le deuxième lit. N'ayant plus de force pour me battre, j'ai accepté et je suis allé dormir. Plus tard, la sensation d'une personne me touchant m'a réveillé. J'ai continué à rejeter ses mains hors de mon corps en lui répétant d'arrêter. Je me suis senti coupable envers ma copine et très fâché."



Fin de l'année 2017, le Parlement européen avait décidé d'adopter une résolution pour une tolérance zéro concernant les cas de harcèlement et d'abus sexuels. Malgré cette adoption, les initiateurs de "MeTooEP" trouvent que trop peu de choses ont changé dans les couloirs de l'hémicycle.