Faits divers

En alerte 3depuis deux mois, la police belge compte... quatre chiens explosifs. C'est pis en stups et en chiens pisteurs

BRUXELLES Selon nos infos, une note confidentielle du Service d'appui canin adressée à la direction générale de la police fédérale fait état d'"effectifs à ce point squelettiques que même un appui minimal ne peut plus être assuré".

La note conclut : "Avec toutes les conséquences que cela entraîne ". Dans trois secteurs prioritaires - terrorisme, drogue et recherche des personnes disparues -, la police fédérale ne dispose pas actuellement de la moitié des chiens dont elle a besoin. Il lui manque 100 % de chiens.

Recherche des personnes disparues : en 2007, la police fédérale disposait de 11 chiens pisteurs opérationnels. En 2008, l'effectif est tombé à 10. Pour le directeur Emmanuel Herman du Centre d'appui canin, il faut au moins 20 chiens pisteurs opérationnels à la police fédérale, soit deux par province.

Drogue : 11 chiens alors que 20 est un minimum. Selon Emmanuel Herman : "Actuellement, des missions ne sont plus exécutées. Elles sont annulées, au mieux postposées".

Il y a six mois (DH du 22/09/2007), la situation avec ses conséquences opérationnelles n'était jugée critique que dans ces deux spécialités.

En six mois, la situation a empiré. Pour le patron des chiens de police fédéraux, le problème se pose désormais aussi dans la détection d'explosifs.

Depuis deux mois complets, la Belgique est placée en stade 3 d'alerte terroriste au point d'avoir dû annuler son feu d'artifice du 31 décembre. Dans un contexte international difficile, six ans après le 11 septembre 2001, le pays occidental siège d'institutions sensibles (CE, Otan...) possède en tout et pour tout quatre chiens formés à la détection d'explosifs. Emmanuel Herman : "Cinq chiens supplémentaires seraient un minimum : un pour le métro de Bruxelles, un à Brussels Airport, un au South Brussels Airport à Charleroi, un au port d'Anvers et un au terminal de Zeebrugge". Cinq sites majeurs actuellement non surveillés par des chiens explosifs.

L'an passé, l'appui canin tout compris alignait 66 chiens opérationnels. Avec les arrivées mais aussi les départs à la retraite et neuf toutous en formation, leur nombre théorique (71) est en fait tombé concrètement à 62.

En détection d'accélérants sur les lieux d'incendies, la police belge possède trois chiens pour 13.000 sinistres (moyenne/an).

La situation n'est guère plus reluisante au niveau humain : les formateurs, qui devraient être quinze, sont actuellement neuf.

À ces chiffres s'ajoutent 367 chiens des polices locales, dont 342 (soit 93,8 %) chiens de patrouille et 25 chiens drogue, ces derniers ne suffisant pas à combler les manques, conclut le directeur M. Herman, qui tire la sonnette d'alarme.

Jack , Xenna , Holly , Debby et les autres : ces chiens sauvent des vies, participent à des dispositifs antiattentats, coursent des meurtriers en cavale...

La situation est connue du commissaire général Fernand Koekelberg. Elle est connue aussi du ministre de l'Intérieur Patrick Dewael.



© La Dernière Heure 2008