Faits divers Ses maîtres, qui s’étaient lassés de leur animal, n’avaient pas envisagé d’autre solution que de le faire tuer.

Chez Wahf (World animal handicaped foundation), un refuge pour chiens, chats et petits animaux abandonnés situé à Schaerbeek, comme dans tous les autres refuges, les animaux ont presque tous un passé tragique. Mais l’histoire de Choulay, un chat noir mâle scandalise particulièrement les bénévoles, pourtant habitués aux histoires tristes.

Ce beau mâle a vécu 12 ans dans une famille qui a décidé de le rejeter du jour au lendemain. "Ces gens se sont rendus chez leur vétérinaire pour lui demander d’euthanasier leur chat. Elle a refusé en voyant que le chat n’avait aucune pathologie et qu’il était très gentil. Pour se justifier, le couple a dit que le compagnon de leur fille était allergique mais ce n’était pas la vraie raison, ils estimaient juste qu’ils s’en occupaient depuis assez longtemps. Ça a refroidi la vétérinaire qui leur a conseillé de nous contacter. Ils n’avaient même pas envisagé d’autre solution que de faire tuer leur chat, ça ne les avait même pas effleurés de le faire adopter par une autre famille", déplore Michelle Momer, directrice du refuge.

Choulay a donc été amené chez Wahf par ses anciens propriétaires. "Je pense qu’ils n’auront jamais ni remords ni regrets. Ils ont l’impression d’avoir accompli leur devoir en gardant ce chat pendant douze ans. Pourtant, ils avaient l’air d’être un couple aisé et du genre intellectuel. Au moins, leur démarche avait le mérite d’être sincère mais c’est très dur à accepter", confie la gérante.

Depuis deux semaines , Choulay est donc à la recherche d’une nouvelle famille qui saura prendre soin de lui jusqu’à la fin de sa vie.

D’après les bénévoles qui s’occupent de lui, "il n’est pas sénile du tout, il est très beau et très en forme."

Des milliers de chats euthanasiés tous les ans

Certains refuges pour animaux abandonnés pratiquent une no-kill policy, c’est-à-dire qu’ils s’engagent à n’euthanasier aucun animal par manque de place. A contrario, d’autres refuges se voient obligés d’euthanasier certains de leurs pensionnaires quand ceux-ci sont trop âgés, trop fragiles ou semblent n’intéresser personne, afin de laisser la place à d’autres animaux plus susceptibles d’être adoptés.

Les chats sont les premières victimes d’euthanasies. Certains jours, essentiellement pendant l’été, des refuges accueillent plus d’une dizaine de chatons par jour, dont la plupart sont en piteux état, voire carrément mourants. Les bénévoles n’ont donc souvent d’autre choix que d’abréger leurs souffrances en demandant à un vétérinaire de leur prodiguer une ultime piqûre.

En Région bruxelloise, on estime que près d’un tiers des chats recueillis sont euthanasiés. En Wallonie, c’est environ un chat sur deux.

Les chiens ont plus de chance puisque près de 80 % d’entre eux sont adoptés.