Faits divers

Selon nos confrères de La Libre Belgique, la division "Traite des êtres humains" de la police judiciaire fédérale de Bruxelles, en collaboration avec la police locale a démantelé ce jeudi matin un important réseau criminel qui exploitait des jeunes filles acheminées du Nigéria dans le quartier Nord de Bruxelles. 

Ce coup de filet a été opéré à l'issue d'une enquête de plusieurs mois, "la plus importante du genre". Cinq suspects ont été déférés devant le juge d’instruction de Bruxelles. La principale suspecte, E., âgée d'une cinquantaine d'années, est installée comme prostituée dans le quartier depuis 25 ans. Elle est devenue "mamma" il y a environ 5 ans, prenant du galon dans le métier de proxénète. Par ses propres canaux, elle aurait recruté des jeunes filles au Nigeria et les aurait fait venir à Bruxelles en faisant appel à des trafiquants, indique la police fédérale.

 Les enquêteurs ont mené plusieurs perquisitions simultanément à plusieurs endroit: les planques des suspects, les « safehouses » dans lesquelles les victimes seraient logées et une trentaine de maisons closes situées dans le quartier bruxellois de la prostitution.

On leur fait miroiter un bel avenir en Europe

Au sein du milieu nigérian de la prostitution forcée, certaines techniques sont utilisées au niveau international pour recruter de jeunes, voire très jeunes filles dans leur pays d’origine, détaille la police fédérale. Les victimes proviennent généralement de la région de « Benin-City ». On leur fait miroiter un bel avenir en Europe; elles subissent avant le départ une cérémonie vaudou au cours de laquelle elles jurent obéissance.

Après ce serment, les filles sont transportées, généralement en groupes, par les trafiquants nigérians jusqu’à la côte libyenne. Un voyage périlleux qui dure entre quelques semaines et plusieurs mois. Au cours de celui-ci, les filles subiraient des viols réguliers par les trafiquants et leur entourage. Plusieurs victimes décéderaient en cours de route.

Une fois arrivées en Europe, elles sont prises en charge dans le milieu de la prostitution, sous le contrôle d’une proxénète nigériane. Comme E....

Selon les enquêteurs, dans le quartier Nord, ces filles seraient contraintes de se prostituer pour rembourser une "dette" d'environ 45.000 euros. En cas de désobéissance ou de tentative d’évasion, les proches de ces filles restés au pays feraient l’objet de menaces, d'extorsions, de coups, d'enlèvements, voire d'assassinats. 

Les enquêteurs belges ont identifié une trentaine de jeunes filles qui auraient toutes été victimes de ces pratiques dans le quartier bruxellois de la prostitution.