Faits divers Les mots terribles de la cour d’appel de Bruxelles, vingt ans après le calvaire et la mort atroce des enfants.

L’ancien député Laurent Louis n’est pas le seul à en avoir pris pour son grade dans l’arrêt rendu mercredi par la cour d’appel de Bruxelles.

Un autre a dégusté : Georges Frisque, 72 ans, d’Ixelles, qui voulait se constituer partie civile contre celui que la justice a condamné à visiter Auschwitz, Dachau, Birkenau, Majdanek et Treblinka.

Ce Georges Frisque n’est pas un inconnu : qui se rappelle qu’il y a vingt ans, des médias faisaient des pieds et des mains pour obtenir ses prétendues révélations dans l’affaire Dutroux ?

À quel titre Frisque a-t-il eu accès à des pièces du dossier Dutroux et à quelles fins ? On sait en tout cas qu’en se constituant partie civile contre Laurent Louis, Georges Frisque a déposé une photo des autopsies de Julie et Melissa.

Et c’est ce qui fait le scandale.

Dans l’arrêt prononcé avant-hier, chaque mot visant Frisque pèse une tonne : "Elle (la cour d’appel) ne peut qu’être révulsée par l’attitude ignoble, voire nécrophile, de l’une des parties civiles (il s’agit de Georges Frisque) qui a cru utile […] de déposer une photo du gros plan des organes génitaux de l’une des malheureuses victimes d’un prédateur sexuel condamné par la cour d’assises d’Arlon (chacun reconnaîtra Dutroux, NdlR), dépassant ainsi, non seulement toutes les limites de l’indélicatesse, de l’indignité et de l’outrance, mais violant, en outre, la mémoire de cette victime" .

"Révulsé" "Ignoble", "Nécrophile" : un homme a osé porter atteinte à la mémoire des enfants assassinés par Dutroux : Frisque qu’un avocat général, Stéphane Lempereur, a déjà qualifié de "mérule depuis trente ans des palais de justice" !

Au procès de l’ex-député Louis, la constitution de partie civile de Frisque est écartée. "La cour ne perçoit pas l’intérêt personnel que Frisque a eu de se constituer partie civile, sauf à pouvoir consulter au greffe les documents du dossier Dutroux, comme le prouve […] la photo prise lors de l’autopsie".

Chacun enfin a pu observer que quand le président Michel Degrève a lu l’arrêt, Frisque ne se trouvait pas dans la salle d’audience. C’était plus prudent pour lui de se cacher dans les couloirs.

Contacté hier, Frisque à qui nous demandions : "Comment vous portez-vous ce matin ?", a répondu : "Très bien".

Quant aux qualificatifs assassins employés à son endroit : "Tout ce qui est excessif est insignifiant. Je tourne la page".

Quant à Laurent Louis , il est qualifié, lui, de "pseudo-chevalier blanc d’arrière-boutique […] arrogant et dénué de scrupule", que "ses errements ont conduit dans une impasse dont il a beaucoup de mal à sortir, étant rejeté par beaucoup qui le considèrent désormais comme un paria".

Et les "suiveurs" de l’ex-député de l’époque où celui-ci "fanfaronnait" sont qualifiés de "horde de sous-fifres".