Faits divers

Les trois juges et les huit jurés auront aussi à décider s'il devra être interné dans un établissement psychiatrique spécialisé


SANKT-POLTEN Josef Fritzl, le père incestueux autrichien accusé de homicide par négligence, esclavage, viol, séquestration et inceste, a déclaré jeudi "qu'il regrettait de tout son coeur", ajoutant "je n'y peux plus rien", devant la cour d'assises de Sankt-Pölten.


Le procureur a requis jeudi la "peine maximum", c'est-à-dire la prison à vie, contre l'Autrichien Josef Fritzl, jugé devant la Cour d'assises de Sankt-Pölten pour séquestration, viol de sa fille et homicide par négligence d'un enfant de l'inceste.
"Il y a eu homicide par négligence ce qui requiert la peine maximum", a déclaré le procureur Christiane Burkheiser.

Selon elle, l'accusé a également "abusé de la crédulité des gens", bernant pendant 24 ans l'intégralité de son entourage ainsi que les autorités municipales d'Amstetten, à 130 km à l'ouest de Vienne, où se trouve la demeure familiale.

Accusé de séquestration, viols, inceste, esclavage et menaces aggravées, Josef Fritzl avait plaidé "non-coupable" pour les chefs d'accusation de meurtre (homicide) et d'esclavage avant de reconnaître sa culpabilité sur tous les points de l'accusation, dans un revirement spectaculaire mercredi.
C'est pour l'accusation d'homicide qu'il encourt la réclusion criminelle à perpétuité éventuellement assortie d'un internement psychiatrique pour une durée indéterminée.

Le procès se poursuivait jeudi avec la plaidoirie de l'avocat de la défense, Me Rudolf Mayer.

Le père incestueux autrichien Josef Fritzl connaîtra jeudi le verdict -- il risque la prison à vie et l'internement psychiatrique -- de la Cour d'assises de Sankt-Pölten qui le juge depuis lundi pour avoir séquestré et violé pendant 24 ans sa fille Elisabeth dans sa cave et laissé mourir un nourrisson né de l'inceste.


Après un revirement surprise dans sa stratégie de défense -- il s'est déclaré mercredi "coupable" au lieu de "non-coupable" des chefs d'accusation de meurtre et d'esclavage -- Josef Fritzl s'attend à être condamné à la prison à vie, la peine maximale prévue par le Code pénal autrichien pour meurtre, selon les propres dires de son avocat, Me Rudolf Mayer.


Les trois juges et les huit jurés auront aussi à décider s'il devra être interné dans un établissement psychiatrique spécialisé, comme le préconise l'experte psychiatrique appelée à la barre, Adelheid Kastner, et le requiert le procureur, Christiane Burkheiser. Cet internement psychiatrique a été motivé par l'experte en raison de "la dangerosité" de l'accusé, en dépit de son âge avancé de 73 ans, et par "le risque de récidive".


Le placement en centre psychiatrique spécialisé interviendra jusqu'à ce que les médecins décident qu'il n'est plus dangereux. Ensuite il devra purger, en prison, la peine de détention restante à laquelle il aura éventuellement également été condamné.


La présidente de la Cour d'assises et ses deux juges assistants ont élaboré mercredi le catalogue des questions à soumettre aux jurés. Ils devront répondre par oui ou par non à ces questions, qui seront rendues publiques à l'ouverture de l'audience jeudi (09H00 locales, 08H00 GMT), et décideront de la culpabilité ou non de Josef Fritzl sur les six chefs d'accusation, meurtre, esclavage séquestration, viols, inceste et menaces aggravées.
L'accusé a facilité la tâche des jurés en décidant mercredi de plaider "coupable" sur tous les points.


Suivront le réquisitoire final du procureur et la plaidoirie de la défense, sans exclure une éventuelle ultime déclaration de Josef Fritzl auquel la présidente de la Cour, Andrea Humer, est tenue, s'il le souhaite, de donner la parole en dernier.


Puis les huit jurés, quatre hommes et quatre femmes, se retireront pour délibérer avant d'être rejoints par la présidente et ses deux assesseurs auxquels ils communiqueront le résultat de leurs délibérations. A partir des réponses des jurés, les trois magistrats décideront de la peine. L'audience publique reprendra alors et la présidente rendra publics les conclusions des jurés et le verdict.


L'audience sera publique jeudi, comme la veille.
Le huis clos au début du procès avait été décidé par la Cour d'assises notamment lors du visionnage des 11 heures du bouleversant témoignage-vidéo d'Elisabeth, aujourd'hui âgée de 42 ans, qui a retracé son "martyre inimaginable" subi pendant 24 ans, selon les termes du procureur.

© La Dernière Heure 2009