Faits divers

Un homme a braqué une banque à Höefen, près de Montjoie, en Allemagne, vers 10h30 vendredi avant d'être repéré sur une aire d'autoroute à Barchon (Blegny), a déclaré Philippe Dulieu, le procureur provincial de Liège. L'individu n'a pas hésité à faire feu sur les policiers quand il a constaté leur présence sur l'aire d'autoroute, a-t-il ajouté. Le malfrat ainsi qu'un policier ont été gravement blessés. Vers 11h20, une patrouille de la police des autoroutes de Liège a repéré sur le parking de Barchon, à proximité de la station essence, une moto correspondant au signalement de celle d'un braqueur de banque ayant opéré en Allemagne et qui avait fui vers la Belgique.

Les policiers ont décidé d'attendre que le malfrat sorte du magasin où il se trouvait pour intervenir. Le braqueur de banque les a repérés et a volontairement tiré dans leur direction. L'un d'eux a, selon les constatations médico-légales, été touché à trois reprises. Une des balles s'est logée dans le gilet pare-balles et les deux autres dans l'abdomen.

Une fusillade a suivi, entre deux véhicules stationnés, et le collègue du policier blessé est parvenu à atteindre le malfrat à la tête. Tant ce dernier que le policier se trouvaient dans un état critique au moment où ils ont été transportés vers des hôpitaux liégeois. Leur état s'est amélioré en cours de journée et ils sont désormais hors de danger, a précisé M. Dulieu.

L'auteur du braquage, qui n'a encore pu être entendu, a été placé dans un coma artificiel. Il ne portait aucun document d'identité sur lui au moment des faits. Il avait par ailleurs conçu une fausse plaque d'immatriculation française afin de brouiller les pistes, a-t-on appris de sources concordantes.

La région de l'Eiffel, en Allemagne, a été le théâtre depuis novembre 2012 de plusieurs braquages de banques et plus précisément celle de la Sparkasse (caisse d'épargne). Celle de Kalterherberg a été prise pour cible à trois reprises, la dernière fois en juin dernier. L'enquête devra déterminer si l'individu grièvement blessé à la tête à Barchon est lié à ces faits.

A la suite de la fusillade de vendredi, le Syndicat Libre de la Fonction Publique (SLFP) a réagi dans un communiqué, faisant le lien entre "ce drame" et "l'arrêt de la cour constitutionnelle du 10 juillet dernier, excluant les policiers de la dispense de la réforme des pensions de la fonction publique, et faisant d'eux des fonctionnaires 'ordinaires'". "Mais ce ne sont pas des fonctionnaires ordinaires", ajoute le SLFP. "Cette dispense était l'unique reconnaissance du danger de la fonction; de l'énorme charge psycho-sociale qui pèse sur les épaules du policier à la fin de sa carrière." Le syndicat souligne que le travail "n'est pas encore terminé" en matière de violence contre les policiers. "Ce drame doit ouvrir les yeux des décideurs politiques qui ont fait des promesses", conclut le communiqué.

Melchior Wathelet, le vice-Premier ministre et ministre de l'Intérieur, a également réagi en rappelant la dangerosité et la difficulté du travail de la police, tout en assurant aide et assistance au policier blessé ainsi qu'à ses collègues et leur famille.