Faits divers Selon des sources que nous n’avons pu recouper, un suspect a été interpellé après la fusillade de la rue de Malines.

Un homme a été tué de plusieurs balles et un second grièvement blessé samedi matin rue de Malines, à Bruxelles. Il s’agirait, selon des informations provenant de la communauté albanaise, de deux frères travaillant tous deux comme bodyguards dans un établissement du boulevard du Jubilé, où ils étaient décrits comme des Albanais "très gentils, jamais de problèmes". La personne décédée s’appelle Dachi (45 ans), le frère toujours en vie et âgé de 31 ans se prénomme Pani. La police privilégie la piste d’un règlement de comptes consécutif à un différend dans un établissement exploitant des bingos. La victime décédée a reçu au moins six balles dans la tête. Selon le parquet, la seconde en a reçu une dans la tête et une dans la poitrine. Elle est hospitalisée aux Cliniques Saint-Jean, où ses jours étaient samedi en danger. En lien avec la fusillade, une Opel Vectra blanche immatriculée en Belgique a été saisie.

La scène - comme l’on en voit à Bastia, Naples et Marseille - a eu lieu dans le centre-ville de Bruxelles samedi à 8 h du matin à cent mètres de la rue Neuve. Entre les boulevards Max et Jacqmain, la rue de Malines touche aussi au quartier Alhambra dénoncé depuis des lustres comme le haut lieu de la prostitution albanaise dans le bas de la ville. La police y a interpellé plus de vingt proxénètes : rien n’a beaucoup changé selon ce riverain : "Si un mot s’impose, c’est celui de coupe-gorge."

Les faits ont eu lieu en face des anciens cinémas Variétés, pas loin d’un établissement appelé le DM, sur le même trottoir. Le DM a connu des jours meilleurs. Il est actuellement loué par des placeurs de bingos. Le DM est ouvert toute la nuit. Au DM, la police scientifique a prélevé les empreintes sur les bingos ainsi que la porte d’entrée.

La fusillade n’avait pas pour but de dépouiller les victimes. En excluant la piste crapuleuse, la police de Bruxelles a très vite pensé à un règlement de comptes. Le parquet est descendu sur place à 12 h 15 et confié l’instruction à la juge Sophie Grégoire. Il a fallu l’arrivée d’un photographe de la DH pour couvrir le corps de la victime décédée. L’instruction est ouverte des chefs d’assassinat et tentative d’assassinat. À "la demande du juge" et "dans l’intérêt de l’enquête", le parquet n’a pu apporter dimanche aucune précision supplémentaire, empêchant de faire confirmer officiellement qu’un suspect interpellé après les faits a été privé de liberté et présenté au juge d’instruction samedi vers 20 h.

Aucune identité des victimes n’est communiquée. La victime décédée avait 45 ans et les cheveux noirs coupés court. De corpulence forte, l’homme portait une veste de cuir beige, un pantalon gris et un pull gris moyen sur un dessous blanc.

Ce fut une exécution. Il a été abattu de 6 à 8 projectiles de petit calibre centrés dans la partie droite de la tête. Les projectiles l’ont atteint dans l’oreille, au nez, au menton et plusieurs à la joue et dans la tempe.

Nous terminons sur ce témoignage : il y avait depuis plusieurs heures, dans ce quartier, deux hommes, dont au moins un armé, qui cherchaient des misères dans les commerces. Des gens le savaient. Aucun n'a prévenu la police.


Le témoignage

"On a vu deux individus venant de la porte d’Anvers. Ils remontaient le boulevard du Jardin Botanique parallèle à la rue de Malines. Cela se passait plusieurs heures avant la fusillade. On voyait que les deux étaient fortement alcoolisés. Ils passaient leur temps à importuner leur monde. Mais dans ce quartier, vous ne trouvez pas grand monde la nuit pour appeler la police. Bref, un des individus a laissé tomber une arme de poing. Il l’a ramassée et l’a remise dans sa veste. Puis les deux ont continué de marcher. Passé le boulevard Jacqmain, ils se sont fait refouler d’un night-shop et encore plus tard il y a eu des problèmes dans un second commerce. Je les observais. Ils ont continué vers le coin du boulevard Max; la rue de Malines est juste à côté." S’agit-il des mêmes individus que ceux de la fusillade ? Le témoin, qui ne souhaite pas parler à la police, n’a pas vu les deux victimes de la rue de Malines et ne peut donc l’affirmer. Le lien lui paraît toutefois plausible.

Ce que le témoignage apporte, c’est qu’il y a eu avant la fusillade, dans ce quartier, deux individus, dont un au moins armé, qui ont cherché misère, que cela a duré mais que personne n’a songé à faire appel à la police.