Faits divers

Une adolescente djihadiste a été reconnue coupable lundi à Londres d'avoir projeté un attentat au British Museum, avec le soutien de sa soeur aînée et de sa mère, un trio féminin inédit dans une affaire de terrorisme au Royaume-Uni. Safaa Boular, londonienne de 18 ans, prévoyait d'attaquer le musée en période d'affluence en utilisant des armes à feu et des grenades - qu'elle appelait "ananas".

Elle avait fomenté cette attaque après avoir été empêchée par la police de rejoindre son fiancé en Syrie, un combattant du groupe djihadiste Etat islamique (EI) rencontré en ligne à 16 ans et avec qui elle voulait mener un attentat suicide "en se tenant les mains".

"Safaa Boular avait l'intention de faire des blessés graves et des morts", a dénoncé Sue Hemming, à la tête de la division du contre-terrorisme du parquet (Crown Prosecution Service, CPS).

Surveillée par la police antiterroriste, elle avait été arrêtée peu après la mort de son fiancé en Syrie, avec lequel elle avait mis au point le projet d'attentat contre le British Museum. Sa mère Mina Dich, 44 ans, sa soeur aînée Rizlaine Boular, 22 ans, et une amie de cette dernière, Khawla Barghouthi, 21 ans, avaient alors pris le relais.

Elles prévoyaient d'organiser une "fête" le 27 avril, un mot de code pour désigner une attaque terroriste, selon l'accusation. Deux jours avant, Rizlaine et sa mère avaient effectué une mission de reconnaissance auprès de monuments célèbres du quartier de Westminster. La veille, elles avaient acheté des couteaux et un sac à dos.

Les trois femmes avaient été arrêtées le 27 avril. Elles ont plaidé coupables d'infractions terroristes et seront fixées sur leur peine le 15 juin.

Safaa Boular n'a pas réagi au prononcé du verdict après deux jours de délibération du jury de la cour criminelle de l'Old Bailey. Sa peine sera prononcée ultérieurement.

Il s'agit du "premier complot terroriste totalement féminin au Royaume-Uni lié à l'Etat islamique", a relevé Dean Haydon, un des responsables de la police londonienne, cité par l'agence Press Association. Il s'est inquiété de "l'augmentation du nombre de jeunes et adolescents impliqués" dans ce type de faits, relevant que "les arrestations de jeunes ont augmenté au cours des 12 derniers mois".