Faits divers Garagiste menacé de décapitation : la famille du prétendu égorgeur donne sa version.

Son petit frère - Souleiman, 28 ans - est actuellement incarcéré à la prison de Saint-Gilles parce que accusé d’avoir tenté d’extorquer la semaine passée 50.000 euros à un garagiste de son quartier - Cureghem à Anderlecht - en le menaçant de décapitation.

C’est en pleurs et sous le couvert de l’anonymat - "pour le moment"… - que la grande sœur de Souleiman a accepté de se confier à la DH. "Je ne comprends pas pourquoi notre voisin, qu’on connaît très bien et avec lequel on s’était toujours bien entendus, va jusque-là. Il faut être diabolique pour inventer une histoire pareille. C’est ce monsieur qui devrait aller en prison. C’est un mensonge. Il n’y a jamais eu ni de menace de décapitation ni de couteau exhibé. C’est juste une histoire d’escroquerie; de voitures et d’argent…"

La grande sœur de Souleiman explique avoir confié dans le courant de février 2014 deux voitures à Monsieur P. pour qu’il les revende : "Une Volkswagen Sharan accidentée et déclassée dont la valeur était encore d’au moins 3.000 euros et une Audi A6 achetée trois semaines auparavant en occasion à 8.000 euros."

Et d’expliquer le nœud du problème : "En attendant, comme promis, que Monsieur P. me trouve en remplacement un 4 X 4 en occasion, il m’a donné une Peugeot 206 et m’a dit qu’il me rembourserait la différence - soit 5.000 euros - lorsqu’il aurait vendu mes voitures. Seulement, huit mois ont passé et il ne m’a jamais trouvé de 4 X 4 ni remboursé mon argent."

Résultat ? "Samedi 4 octobre passé, le jour de l’Aïd, mon petit frère a croisé Monsieur P. et lui a une nouvelle fois demandé, comme depuis quelque temps, quand il comptait me rembourser. Jusque-là, ça s’était toujours fait en bons termes mais, ce jour-là, comme c’était la fête, mon petit frère n’avait pas fumé et il a eu un coup de nerfs. Il s’en est par après voulu et s’en est d’ailleurs excusé l’après-midi même auprès de Monsieur P."

Et d’assurer : "Quand les policiers l’ont interrogé, mon petit frère a tout suite avoué qu’il avait donné deux baffes et un coup de poing à Monsieur P. mais il est tombé de haut lorsque les policiers lui ont appris qu’il était accusé d’avoir fait ça pour financer le djihad en Syrie. Mon petit frère n’est et ne sera jamais capable de menacer quelqu’un de décapitation. Dans sa culture et l’éducation qu’il a reçue, c’est interdit. Tous ces gens qui font ça, tout ce que vous entendez pour le moment, ce n’est pas l’islam. Aucune religion, quelle qu’elle soit, ne donne l’autorisation de faire du mal à son prochain."

"Mon client n’a pas le moindre casier judiciaire et avait un travail jusqu’à ce qu’on l’envoie en prison. C’est totalement scandaleux de surfer sur le climat de terreur actuel. Ce dossier verse dans l’hystérie collective", commente pour sa part l’avocate de Souleiman, Me Nathalie Gallant.

Et de préciser : "La prétendue victime connaît toute sa famille depuis vingt ans, s’est occupée de toutes leurs voitures et a même mangé chez eux. Une enquête de voisinage aurait sans aucun doute permis de le prouver. Dans l’une de ses auditions, ce monsieur va même jusqu’à préciser que mon client était habillé d’une tenue que revêtent les extrémistes lorsqu’il s’agit de procéder à un sacrifice humain ! On a envie de rire sauf que mon client est en taule pour ça."

L’instruction judiciaire en cours pour faire la lumière sur cette affaire est quant à elle toujours menée par la section Grand Banditisme du parquet de Bruxelles et le dossier n’a donc pas été fédéralisé comme à l’accoutumée lorsqu’il s’agit bien de terrorisme.

Précisons enfin que le garagiste confirme avoir bel et bien été victime d’une tentative d’extorsion sous la menace.