Faits divers Six mois après l’agression violente d’une surveillante, des langues se délient chez les détenus de Saint-Gilles.

Il y a quelques mois, une gardienne de la prison de Saint- Gilles a été violemment agressée après son service. Le personnel décidait de travailler plusieurs jours en service minimal. Le SPF Justice évoquait un " incident violent sévère" . Six mois après, l’affaire est restée mystérieuse.

Selon nos informations, l’enquête n’exclut pas un acte de représailles ciblé en lien avec l’activité professionnelle de la victime. L’agression n’aurait pas eu lieu au hasard. C’est à cette gardienne que l’agresseur en voulait et à nulle autre, pour des motifs précis que les détenus connaissent. D’ailleurs, plusieurs ont été entendus. Le porte-parole du parquet indiquait hier qu’à ce stade, l’affaire n’a pas été mise à l’instruction.

L’agression s’était produite devant la porte de la prison, le vendredi 27 janvier, avant le service de nuit. L’agresseur, encore inconnu, était arrivé à pied et avait pris la fuite de la même façon après avoir asséné plusieurs coups de poing au visage. Selon le parquet, la gardienne avait reçu aussi des coups de poing au dos alors qu’elle était au sol.

Choquée, la direction de la prison avait immédiatement exprimé sa compassion à l’employée et à ses collègues.

Six mois après, un détenu explique que cette gardienne était plus spécialement affectée au service des visites aux détenus. Beaucoup lui prêtaient la réputation d’une grande intransigeance, d’être "trop carrée", "dure", "insensible à tout", de manquer "de souplesse", d’appliquer le règlement "à la lettre, de façon excessive" tant avec les détenus qu’avec les visiteurs, "y compris les enfants. […] Avec elle, les rapports disciplinaires et les suppressions de visites pleuvaient". Là où ses collègues "peuvent être un peu plus coulants", elle était "sans pitié. Et ce n’est pas ailleurs qu’il faut chercher le mobile". Après plusieurs semaines d’incapacité de travail, la gardienne, de retour, a été orientée vers un autre service.

Quant à l’enquête, la police cherche toujours. "Nous avons été nombreux à recevoir une convocation en cellule pour être interrogés par la police. Bien sûr, nous avions le meilleur alibi : nous étions en prison".

Rien ne justifie la violence. Le porte-parole du parquet Gilles Dejemeppe l’a signifié implicitement, hier, en nous indiquant que l’enquête se poursuit "ardemment".