Faits divers

La sanction pénale est encore attendue


NIVELLES Geneviève Lhermitte a été reconnue vendredi coupable de l'assassinat de ses cinq enfants. Le jury a estimé qu'elle n'était pas irresponsable de ses actes comme l'avait plaidé sa défense.

Le jury et la cour devront dès lors, à l'issue du réquisitoire et des plaidoiries de la défense, prononcer une sanction pénale, à savoir une peine de prison.

Deux heures de délibération ont été nécessaires au jury pour rendre ce verdict de culpabilité. Les jurés ont dit que Geneviève Lhermitte n'était pas dans un état de déséquilibre mental la rendant incapable du contrôle de ses actes. Ils n'ont donc pas tenu compte des nouvelles conclusions des experts psychiatres communiquées mardi devant la cour.

Geneviève Lhermitte, qui n'a pas cillé pendant la lecture du verdict, est passible de la réclusion à perpétuité.

Le verdict de culpabilité est conforme aux réquisitions du ministère public qui avait estimé jeudi qu'un état de déséquilibre mental de Geneviève Lhermitte était difficilement conciliable avec le caractère "méthodique, réfléchi et organisé" des cinq égorgements. Il avait demandé aux 12 jurés de ne pas déresponsabiliser l'accusée en la déclarant irresponsable.

Avec ce verdict de culpabilité, le jury n'a pas suivi les plaidoiries de la défense qui avait sollicité l'internement, conformément aux conclusions des experts psychiatres qui avaient conclu à un état grave de déséquilibre mental de l'accusée.

"Si elle est malade - comme le disent les experts et comme je le pense - il faut appliquer la loi de défense sociale de la manière la plus appropriée. Il faut la soigner", avait plaidé jeudi Me Xavier Magnée, un des deux avocats de Geneviève Lhermitte.

Vendredi, à l'issue du verdict, Me Xavier Magnée a indiqué qu'elle assumait l'horreur des actes qu'elle a posés. "Elle considère que c'est une manière de faire son chemin de croix, d'expier, de faire son deuil et de reconnaître ses erreurs", a dit l'avocat.

"Elle mesure que la décision prise est proportionnelle à la gravité de ses actes", a ajouté Me Xavier Magnée. "Etre déclarée responsable, c'est être en paix avec elle-même car cela lui permet de reconnaître son geste", a-t-il précisé.

Pour l'avocat, il est en effet plus probable que Geneviève Lhermitte pourra se reconstruire, et notamment se prémunir contre le suicide, en étant déclarée responsable qu'en étant internée.

"Je respecte ce que le jury a décidé. Ma fille va, peut-être, commencer à faire
son deuil", a dit Marina Lhermitte, mère de l'accusée.

Bouchaïb Moqadem, interrogé à l'issue de ce verdict, a indiqué, qu'à la fin de ce procès, il ne "comprend toujours pas le geste" de sa femme. Il a souligné sa "grande confiance en la justice, qui fonctionne".

Son avocate, Me Fernande Motte de Raedt, soulignant que sa thèse de la responsabilité pénale de Geneviève Lhermitte avait été suivie par le jury, a déclaré "qu'il ne pouvait être question de satisfaction, vu l'horreur des faits, mais seulement de sérénité".

"Il y a cinq enfants qui sont morts, il n'est pas question de dire que l'on est satisfait. C'est de toute façon un désastre", a dit Me Didier de Quévy, avocat de Michel Schaar.

"Ce verdict remet chacun à sa place: l'accusée en tant qu'accusée, les victimes en tant que victimes", a réagi Me Nathalie Gallant, avocate d'El Bouchtaia Moqadem, rappelant que la famille Moqadem avait été noircie avant le procès.

Le débat sur la peine, au cours duquel l'avocat-général et la défense s'exprimeront, débute vendredi à 14h30. L'arrêt est attendu en fin d'après-midi.