Faits divers L’ancien directeur de la police judiciaire fédérale de Bruxelles a de nouveaux ennuis.

Glenn Audenaert, l’ancien directeur de la police judiciaire fédérale de Bruxelles, a été inculpé, mardi, de corruption passive et de blanchiment d’argent par le juge d’instruction de Termonde, a indiqué le parquet de Flandre orientale, confirmant une information du Standaard.

Glenn Audenaert, qui avait déjà été inculpé en 2012 de violation du secret professionnel et de faux en écriture, a été une nouvelle fois entendu par la justice mardi. "Après une longue audition menée par les enquêteurs du comité P, le juge d’instruction a décidé d’inculper M. Audenaert et de le laisser libre sous certaines conditions strictes", a précisé une porte-parole du parquet qui a évoqué "de nouveaux éléments".

Chez un grossiste de Waasmunster

L’enquête a commencé ent 2010 à la suite d’un contrôle mené par l’Inspection spéciale des impôts (Isi) et la police chez un négociant en fruits et légumes de Waasmunster, dans le cadre d’un dossier de drogue et de blanchiment.

L’homme n’avait pas été inquiété. Mais une lettre avait été découverte montrant que Glenn Audenaert avait été sollicité par lui pour effectuer des recherches dans des banques de données policières. Le négociant désirait savoir s’il pouvait avoir confiance en une entreprise britannique à qui il venait d’acheter une villa.

L’enquête a été élargie afin de vérifier si M. Audenaert n’aurait pas consulté ces bases de données pour "rendre service" à d’autres "amis".

Ses comptes bancaires avaient été passés au crible et son bureau comme son domicile perquisitionnés.

Breevast et la Cité administrative

Des versements suspects, de plusieurs dizaines de milliers d’euros, avaient été découverts. On soupçonna alors le géant de l’immobilier Frank Zweegers, propriétaire du groupe immobilier néerlandais Breevast, qui a acquis en 2001 la tour des Finances de Bruxelles et de la Cité administrative de l’État (où la police fédérale a déménagé une partie de ses services en 2014) d’être à l’origine de ces versements.

La justice de Termonde enquête afin de déterminer si Glenn Audenaert pourrait avoir fait pression, contre rétribution, auprès de la Régie des bâtiments ou la police fédérale en faveur de M. Zweegers et de Breevast.

La veille du déménagement des premiers contingents de la police fédérale dans le gigantesque complexe de la rue Royale, La Libre avait indiqué que, selon certaines sources, la vente par le gouvernement fédéral aux promoteurs néerlandais Breevast (60 %) et belge Immobel (40 %) s’était faite pour un montant jugé dérisoire tournant autour des 27 millions d’euros. Les deux promoteurs ont revendu une partie du complexe à une société allemande pour un montant que certains fixent à 330 millions d’euros.

De plus, la décision de regrouper la police fédérale de Bruxelles à cet endroit avait été prise, en décembre 2010, par un gouvernement alors en affaires courantes.

Quoi qu’il en soit, Glenn Audenaert avait été cité comme ayant reçu plusieurs milliers d’euros de la part de Frank Zweegers. Pendant l’été 2012, ces soupçons avaient conduit à sa suspension puis à sa démission.

Le 14 juin 2012, il avait déclaré au comité P avoir reçu une somme d’argent de la part de Frank Zweegers en guise de cadeau. Il avait présenté M. Zweegers comme un bon ami de sa compagne.