Faits divers Les sulfureux motards sont poursuivis pour exploitation de la débauche, armes, drogue, fausses cartes vertes et extorsions.

Blousons noirs à l’effigie de leur chapitre, crânes rasés et boucles d’oreilles, barbes à la "ZZ Top" : lorsque les Hell’s Angels sont convoqués au tribunal, ils ne font pas profil bas. Quinze membres supposés de ce club de motards à la réputation sulfureuse étaient ainsi convoqués au palais de justice de Charleroi, ce lundi. Seuls huit d’entre eux se sont présentés, accompagnés de quelques supporters patibulaires. Aucune partie civile n’a évidemment osé se constituer… La liste des faits reprochés aux prévenus fait effectivement frémir : exploitation de deux prostituées, trafic de cocaïne, détention d’armes en tous genres, confection de fausses cartes vertes de Harley Davidson et même des extorsions d’argent ou de motos commises au préjudice de membres en "bad standing" (bannis).

Selon le parquet, l’enquête a débuté par un vol de friterie qui a capoté. "Celui-ci avait été commandité par le vice-président des Hell’s de Charleroi auprès de Patrice M., membre du club de Froichapelle. Comme ce vol n’a pas fonctionné, Patrice M. a été mis à l’amende et a dû payer trois fois le prix de cette friterie."

Très détendus, les motards ont nié la plupart des faits, reconnaissant uniquement la détention de certaines armes. Ainsi, Yves M., ex-sergent d’armes carolo, admet avoir garni un mur avec une baïonnette, des nunchakus, un poignard coup-de-poing ou encore une canne épée. De son côté, "Toto", l’ex-président des HAMC Charleroi City, se défend d’avoir jamais ordonné une extorsion. "On faisait une fête et la stripteaseuse a perdu les clés alors que l’un de nous était menotté. On était un peu humiliés et pour rire, j’ai dit qu’on allait prendre 1.500 euros au tatoueur. Mais c’est un copain, on ne l’aurait jamais fait."

Pour ce qui est des cartes vertes, Francis, l’assureur des Hell’s, explique qu’aucune Harley n’a jamais roulé sans assurance. Mais il reconnaît avoir transmis un cache à d’autres pour qu’ils puissent scanner et remplir les documents eux-mêmes.

Le parquet, qui poursuit aussi quelques membres des Red Devils de Huy inféodés au club carolo, a reconnu que les prévenus ne roulaient pas sur l’or. Il a néanmoins requis des peines de 3 ans pour la plupart des membres et 6 ans pour l’ex-président.