Hommage unanime pour Frédérique Lévêque

Jean-Pierre De Staercke Publié le - Mis à jour le

Faits divers

Les enfants de la victime n’ont pas trouvé la force de témoigner à l’audience

BRUXELLES Traditionnellement, les témoignages des proches d’une victime ne sont qu’un concert de louanges à son adresse.

Hier, beaucoup de ceux qui ont connu Frédérique Lévêque, abattue d’une balle en pleine tête le 5 mars 2010, ont décrit son parcours, ses priorités dans l’existence, avec des mots simples. Pas de déclaration fracassante, pas de glorification démesurée…

Mais, au terme de toutes ces dépositions, une seule impression se dégage : la kiné de Braine-le-Château était réellement une femme exceptionnelle. Et elle sera toujours irremplaçable.

Aucun témoin n’a présenté Frédérique de cette manière. Mais quand Stéphane Deschamps, 45 ans, relate sa rencontre avec elle dans les années ’80 et qu’il s’interrompt en sanglots pour parler de “la vie d’adulte qu’on a commencée à deux, avant de choisir la maison pour accueillir les enfants qu’on voulait”, on reste sans voix.

Initialement, ceux-ci, Margaux, Julien et Maxime, devaient venir déposer à la barre mais ils sont restés assis dans le public, terrassés par l’émotion.

Le libraire de Braine-le-Château a dit le premier ce que les autres témoins ont répété : pour Frédérique Lévêque, les enfants constituaient la priorité, pas seulement pour leur bien-être et pour les études, mais pour qu’ils s’épanouissent dans leurs loisirs.

Par ailleurs, la quadragénaire avait une force de travail et une capacité d’organisation hors du commun. Elle n’avait eu aucune difficulté dans son parcours scolaire et académique. Puis, elle a géré quasi à la perfection sa vie de mère et de kinésithérapeute.

Cependant, le couple s’est séparé après 15 ans de vie commune. Stéphane Deschamps a dû expliquer la visite des policiers qui lui ont annoncé le drame de la place Vanderkindere. “J’ai appelé ma compagne à mon secours” , a pleuré le témoin.

Puis, il a dû prévenir ses enfants qui arrivaient joyeux et à l’improviste. Le Père Courage est allé voir le corps le premier et a mis vingt-quatre heures à convaincre ses enfants de ne pas aller dire adieu à leur mère. “Elle était méconnaissable. Margaux aurait voulu qu’on la coiffe et qu’on la maquille. C’était impossible”, a-t-il murmuré…



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