Faits divers La Belge détenue dans une prison au Sénégal à la suite d’un accident mortel décrit "la prison de l’horreur".

Huguette Elsocht, 50 ans, est de retour dans sa luxueuse villa sénégalaise avec piscine et employés de maison. Mais elle ne peut oublier les quinze jours qu’elle a passés en prison à la suite d’un accident qui a coûté la vie à un jeune garçon. Une prison sans lumière entre les prostituées, les meurtriers et les rats.

"C’était l’enfer" , dit-elle . Toutefois, elle ne songeait pas un seul instant au confort de sa maison. Seul le souvenir du jeune garçon occupait ses pensées.

Le 12 juillet dernier, Huguette - Swenna pour ses amies - roulait avec sa Mitsubishi Pajero noire sur la route du cap Serring à Ziguinchor. "J’ai vu de loin ce garçon rouler à vélo. Il faisait très clair. Je ne roulais sûrement pas vite. Cette route à deux bandes est pleine de trous gigantesques où un pneu peut éclater."

Elle affirme qu’elle roulait à l’extrême gauche. "À ce moment, j’ai vu ce garçon lancer les bras en l’air alors qu’il tournait à gauche. J’ai crié. J’ai freiné à bloc. Mais il était trop tard. Sa tête avait heurté la voiture. Je suis sortie. Il était inconscient."

À ce moment s’est arrêté un taxi avec sept occupants. "Ils ont voulu déplacer la victime mais je m’y suis opposée. J’ai dit qu’il fallait de l’aide de professionnels."

Les secours sont arrivés rapidement. De même que la maman de l’enfant. "Ils étaient en vacances tous les deux. Sa maman n’a pas compris ce qu’il faisait à vélo alors qu’il n’en possédait pas."

Deux heures plus tard, le garçon est décédé.

Pour sa part, Huguette fut mise en cellule avec deux prostituées pendant neuf heures, avant d’apprendre qu’elle était poursuivie pour homicide involontaire. De là, elle fut transférée à la prison de Ziguinchor de triste réputation. "Ce serait la neuvième pire prison du monde."

Là, l’attendait non pas une cellule mais une sorte de chambre qu’elle devait partager avec sept autres femmes, des droguées, des prostituées, des meurtrières d’enfant.

Selon Huguette, elles dormaient sur des blocs de béton avec un matelas ultra-mince et une moustiquaire. Il y avait aussi une T.V. hors d’usage et un trou dans le sol en guise de W.-C.

Heureusement, l’épreuve d’Huguette a pris fin au bout de quinze jours, lorsque le juge l’a condamnée à quarante-cinq jours de prison dont les deux tiers avec sursis.