Faits divers L’ancien député comparaissait hier pour négationnisme et crie au "procès politique".

Un procès de l’ultracontroversé Laurent Louis ne ressemble pas à un autre. Ce fut le cas hier où son avocat, Me Sébastien Courtoy, a réussi le tour de force d’agacer tout son monde, tout en restant convaincant.

Poursuivi pour négationnisme après des propos tenus sur sa page Facebook et son site Internet, l’ancien député avait écrit notamment : "Certes Jean-Marie Le Pen a dit que les chambres à gaz n’étaient qu’un détail de l’Histoire de la Seconde Guerre mondiale et cela peut choquer mais en y réfléchissant un peu, est-ce si faux que cela ?"

C’était le 9 juin 2014 et, depuis, l’actualité a rattrapé le député avec les nouveaux propos du président d’honneur du Front national, qui en a remis une couche sur les chambres à gaz.

Hier, le substitut du procureur du Roi Thibaut Radar est monté à l’audience pour requérir une peine de huit mois de prison avec sursis et 3.000€ d’amende ferme (à multiplier par six pour les décimes additionnels). Estimant les faits établis, il a estimé que Laurent Louis voulait "se servir de ce procès comme une tribune".

Et c’est exactement ce qu’il a fait, convoquant "les heures les plus sombres de l’histoire", affirmant que "la loi n’est pas la même pour tout le monde", haranguant la présidente dont il pense qu’elle l’a "déjà condamné". "Je suis devant vous pour des raisons strictement politiques, je ne suis pas antisémite", conclut-il.

Appuyé par une quinzaine de supporters, Laurent Louis a surtout la chance d’être assisté par un avocat dont la plaidoirie, parfois borderline, fut brillante et acérée. Me Courtoy n’a volontairement pas plaidé sur le fond, estimant pouvoir obtenir l’irrecevabilité des poursuites (lire par ailleurs). Il a longuement ironisé sur les parties civiles, (CCOJB, Licra, Centre pour l’égalité des chances, Centre d’action laïque).

Et l’audience s’est terminée dans un grand état d’énervement entre la défense, le parquet et les parties civiles. Le procès est mis en continuation au 28 avril, le temps que le CCOJB mette un peu d’ordre dans des comptes aussi discrets qu’opaques.


Les mauvais comptes de la CCOJB

Comme à son habitude, la défense de Laurent Louis a sorti un lapin de son chapeau pour emporter la mise, hier après-midi. L’ancien député et son conseil ont ainsi exhumé les comptes de la CCOJB, démontrant que cette ASBL n’avait pas déposé ses comptes à la Banque nationale de Belgique, ni au tribunal de commerce, depuis… 1993, contrairement à ce que la loi lui oblige. La défense espère ainsi obtenir l’irrecevabilité des poursuites, s’appuyant sur un texte de loi du 2 mai 2002 sur les ASBL. L’incident a été joint au fond. Réponse dans quelques semaines.