Faits divers

Le père comparaîtra lundi devant la cour d'assises de Bruxelles

BRUXELLES La cour d'assises de Bruxelles entamera lundi matin le procès de Ali-Panebyame, un Ivoirien de 35 ans accusé d'avoir assassiné sa fille Fatima, âgée de cinq ans et demi.

Les faits remontent au 22 novembre 1998 lorsque, à 16 h 30, Ali-Belem Panebyame se présente au commissariat de police d'Ixelles. Il s'accuse d'avoir enlevé sa fille Fatima, âgée de 5 ans et demi, et de l'avoir envoyée au Burkina Faso après avoir organisé le matin-même un rendez-vous sur la Grand-Place avec un Burkinabé nommé Isa, auquel il aurait remis 200.000 francs pour qu'il emmène la petite. Il dit avoir agi de la sorte pour que son épouse, dont il est séparé, se décide à reprendre la vie commune. Cette dernière, de nationalité yougoslave, l'a quitté en raison de son caractère violent et de sa propension à fréquenter les bars du quartier Matonge. Le 23 novembre 1998, Panebyame est placé sous mandat d'arrêt du chef d'enlèvement d'enfant.

Le 14 décembre, pris de remords, le père change sa version. Il affirme que sa fille a été assassinée sous ses yeux, le 22 novembre 1998, vers 16 h, par un Albanais ou un Yougoslave masqué accompagné d'un autre homme qu'il connaissait sous le nom de Peter. Ce dernier lui aurait dit que sa femme avait demandé à l'homme masqué de le descendre, mais qu'au lieu de cela ils s'en prendraient à la personne qui lui était la plus chère: sa fille. Il raconte que l'homme masqué a étranglé l'enfant pendant que Peter le menaçait de son arme.

Dans un sac sous un divan

Sur base des indications de Panebyame, une descente sur place fut organisée le 14 décembre. Il s'agit de hangars désaffectés situés sur le terrain de l'ancienne usine Asfaltco d'Asse, le long du chemin de fer. Le site est fermé depuis 1997. Au fond d'un des hangars se trouvait un vieux divan noir retourné, recouvert d'un panneau, de deux roues de voiture et d'un bloc de béton. Sous ce divan se trouvait un sac de jute fermé par le triple lien d'un cordon électrique. C'est dans ce sac que sera trouvé le corps sans vie de la petite fille. Elle est morte asphyxiée.

Le 15 décembre, le suspect avoue être le seul auteur de l'assassinat. Il explique que sa femme avait un amant, et qu'il ne savait pas si l'enfant était de lui. Par son geste, il voulait rendre à son épouse le mal qu'elle lui avait fait. Il aurait donné des calmants à l'enfant pour qu'elle s'endorme avant de l'étrangler.

Le 17 décembre aura lieu une reconstitution lors de laquelle le père revint à la version de l'assassinat commis par Peter et l'homme masqué. Il affirme que ses aveux précédents ont été obtenus sous la menace des policiers qui, de plus, l'auraient drogué. A partir de cette date, il donnera encore six versions différentes.