Faits divers L’homme écope de cinq ans ferme avec arrestation immédiate.

C’est un dossier qualifié de répugnant par le ministère public qu’a jugé le tribunal correctionnel de Verviers. Un Spadois de 25 ans, Jonathan Devillet, y était poursuivi pour avoir inoculé sciemment le sida à deux jeunes filles de 16 ans.

Car c’est l’âge des jeunes filles qu’il aimait séduire, et avec lesquelles il avait des relations sexuelles sans protection, et surtout sans leur dire qu’il était porteur du sida dont il était infecté depuis sa naissance. Il en a ainsi infecté deux, une troisième échappant par chance au virus.

Lors du procès, où il était absent, trois de ses victimes se sont portées partie civile. L’avocate de l’une d’elles a décrit les séquelles épouvantables de sa cliente : outre la maladie elle-même, qui nécessite un traitement à vie et produit une fatigue permanente, avec des absences scolaires prolongées, il y a les séquelles psychologiques : anorexie, tendances suicidaires, l’angoisse face à l’incertitude d’un futur conjugal et professionnel.

Et puis, il y a aussi des effets inattendus et éminemment regrettables : un isolement social, car à l’école, elle est l’objet de harcèlement, de quolibets, d’injures, au point qu’elle a dû changer d’école à deux reprises !

La deuxième victime a subi le même scénario. Pour elle, ce n’est qu’après deux ans que les symptômes de la maladie se sont déclenchés, et avec eux la prise de conscience de ce qui s’était passé. Une troisième victime a eu infiniment plus de chance, car elle n’a pas été contaminée.

Mais son avocate fait état de graves perturbations sociales et surtout de l’angoisse de l’attente avant le diagnostic libérateur.

Le ministère public avait parlé d’un véritable danger public qui se promenait dans la nature. Il n’y sera plus longtemps, puisque son arrestation immédiate a été ordonnée par le tribunal à l’issue du prononcé du jugement le condamnant à cinq ans de prison ferme.