Faits divers Pendant des années, il a drogué ses belles-filles pour les violer. Elles ne l’ont appris que 10 ans plus tard.

Lorsque, en août 2016, elles avaient reçu une invitation à se rendre à la police dans le cadre d’une affaire de mœurs où elles pourraient être victimes, les deux sœurs étaient tombées des nues. Agneta, qui avait 33 ans et Vanessa, 27 ans, avaient téléphoné aux policiers pour en savoir plus. Ils leur avaient répondu qu’ils ne pouvaient rien dire.

Vanessa fut la première à se rendre à la convocation. Les policiers lui présentèrent plusieurs photos d’elle. Elle se reconnut sans peine sur ces clichés : elle était nue, le regard ailleurs, couchée sur le lit de Jean-Marie, qui fut le compagnon de sa mère. Agneta fut aussi confrontée à la même pénible expérience.

Les policiers avaient découvert par hasard ces milliers de photos et de films pornographiques, soigneusement classés dans l’ordinateur de Jean-Marie. Ils avaient démantelé une plantation de cannabis chez lui à Lanaken. Espérant trouver d’éventuels contacts, ils avaient épluché le contenu de ses ordinateurs.

Jean-Marie avait vécu entre 2003 et 2006 avec la mère d’Agneta et de Vanessa, orphelines de père depuis 1992. Après la rupture avec leur mère, elles avaient gardé le contact. Elles se rendaient régulièrement chez Jean-Marie, parfois pendant plusieurs jours.

Des soporifiques dans la sauce spaghetti

C’est au cours de ces séjours qu’elles étaient abusées. Leur beau-père avait installé des caméras dans les toilettes et la salle de bains pour les épier. Il les a droguées afin de pouvoir les violer. Les soporifiques étaient mêlés à la sauce spaghetti.

Les abus ont été commis entre 2003 et 2006. Ce qu’a contesté, comme le rapportait la presse flamande, Jean-Marie en correctionnelle à Tongres. Il affirmait que c’était plus tard et que les sœurs étaient consentantes.

Ce fut un nouveau choc pour l’aînée des sœurs. Les faits étaient prescrits dans son cas. "Il doit nous dire quel cocktail il nous a donné. Je ne peux pas avoir d’enfants. Ma sœur a des problèmes cardiaques. Est-ce lié ? On ne le saura jamais", a-t-elle dit au tribunal.

Tout au plus peut-on deviner qu’il y avait des amphétamines car, il y a bien longtemps, elle était rentrée groggy chez sa mère après un séjour chez Jean-Marie. Un examen avait mis au jour la présence d’amphétamines dans le sang et sa mère lui reprocha.

Le 28 juin, le procureur a requis huit ans de prison contre celui qu’il a qualifié de "pervers au pire sens du mot". Le tribunal l’a suivi jeudi. Il devra les dédommager de 17 000 euros.