Faits divers

La maman de Kimberley assistera au procès du meurtrier qui débute mardi

MONS Kimberley Mengeot avait 16 ans. Elle était souriante, pleine de vie. Le 17 septembre 2003, elle a disparu alors qu'elle venait d'aller conduire sa petite soeur Meyryne à l'école. Le lendemain, un promeneur a découvert son corps lacéré de 19 coups de couteau, dans un étang vaseux du bois de Marchaux, à Châtelet. Kimberley avait les chevilles et les poignets entravés. Elle portait des traces de viol.

Il n'a fallu que trois jours pour que les enquêteurs interceptent Sébastien Giavarini, un marginal de 19 ans vivant du vol et surnommé le pêcheur. Avec une extrême froideur, le meurtrier a détaillé ses gestes horribles. Mardi, il devra en répondre devant la cour d'assises de Mons.

Dans sa famille, Kimberley a laissé un vide infini, impossible à combler. Christophe, son grand frère policier, a en effet perdu sa meilleure confidente. «Tous les soirs, ils se voyaient et papotaient, raconte Anne Devalque, la maman de la jeune fille. Il avait des gestes de père envers elle. A 9 ans, quand elle est née, il lui donnait déjà le biberon.» Christophe se tâte encore quant à sa présence au procès. Anne Devalque, elle, y assistera sans faute, sauf le jour des photos d'autopsie. La maman au coeur brisé compte même s'adresser à Giavarini. «Je me suis conditionnée psychologiquement pour être là. Je veux qu'il soit puni pour nous avoir privés à jamais de Kimberley. Pour moi, il ne mérite que la peine de mort.»

Avec un courage incommensurable, Anne Devalque raconte ses derniers mois de souffrance. «C'est un combat quotidien chaque matin pour se lever et aller travailler. Parfois, je reste coite, à ne rien faire, incapable de bouger. Mais pour Kimberley, il faut avancer. Pour ne pas que sa personnalité s'efface, j'essaie de refléter son caractère positif et enjoué, son goût de la vie.»

Dans la maison de Bouffioulx, Meyryne, la petite soeur de Kimberley, gambade et joue. Mais derrière sa petite frimousse blonde, quelque chose s'est à jamais brisé. «Sa soeur, c'était comme une deuxième maman et il la lui a enlevée, poursuit Anne Devalque. Aujourd'hui, Meyryne éprouve des difficultés à l'école. Elle est en colère contre le meurtrier. Au procès, je lirai une lettre qu'elle aura écrite à l'accusé.»

Mardi, les proches de Kimberley replongeront dans l'horreur. Ils devront affronter le regard du tueur et entendre sa version. «Je dois être présente parce que Kimberley n'est plus là pour se défendre. Après, ce sera fini...»

© La Dernière Heure 2005