Faits divers Des escrocs africains ont réussi à détourner plus d'un million d'euros!

BRUXELLES A lire la mésaventure vécue par Paul (prénom d'emprunt), nombreux seront ceux qui vont certainement se dire: mais enfin, comment a-t-il pu se laisser avoir comme ça? La réponse vient de Paul lui-même: «Tout était tellement bien ficelé que je ne me suis pas méfié». Argent, grosses voitures, plaques diplomatiques, bref de quoi mettre n'importe qui en confiance.

Paul, passionné de Formule 1, a décidé d'y investir son argent. Son choix s'est porté sur Minardi. Un choix qui n'est sans doute pas étranger au succès du pilote belge Bas Leinders, troisième pilote de l'écurie. «En septembre 2004, trois Africains, des Congolais qui cherchaient à faire des investissements dans la Formule 1, ont pris contact avec moi», explique Paul. «Ils étaient intéressés par l'achat de l'écurie Minardi qui était justement à vendre.» Les rencontres se sont succédé. «Nous nous sommes vus plusieurs fois. Un responsable de Minardi était là lors des rencontres.» Fatalement, la question d'argent a été abordée. Les trois Congolais ont alors déployé tout leur charme pour mettre leurs futures victimes en confiance... «Ils avaient de grosses voitures, des gardes du corps, des plaques diplomatiques.» Bref, pas de quoi se méfier. Au contraire...

«Pour racheter une écurie, on parle de millions d'euros. Ici, il s'agissait d'un budget de plus de 50 millions d'euros.» Histoire de montrer qu'ils n'étaient pas des rigolos, les candidats acheteurs ont amené un paquet d'argent. «Ils avaient des billets, plein de billets de 500 euros, mais qui étaient sécurisés.» Ça, c'était leur version, bien sûr! Tellement convaincants, ils avaient réussi à faire croire à notre mécène qu'ils possédaient des billets sécurisés afin que personne ne puisse les utiliser. «Le numéro de série était caché. C'était comme sur un billet de loterie.» Et c'est ici que la supercherie arrive à grands pas!

«Pour enlever cette protection, il fallait faire appel à un laboratoire spécial... qui coûte très cher.» Et, bien évidemment, Paul a été invité à participer aux frais. «Je devais avancer les fonds, en fait.» Persuadé d'avoir affaire à de l'argent bien réel mais simplement hyperprotégé, Paul a foncé tête baissée. «Ma passion pour la Formule 1 m'a fait perdre la raison.» Et voilà comment il a débloqué un million d'euros. Oui, un million d'euros pour faire laver 50 millions de faux billets de 500! «Quand j'ai compris que je me suis fait avoir, j'ai repris contact avec un des gars. Un rendez-vous a été fixé...» Le Congolais a été arrêté. Il est passé aux aveux. Mais l'argent, le vrai, le million de Paul, lui, avait disparu.

Un trou béant laissé dans la comptabilité du mécène. «Du coup, la justice bruxelloise m'a interrogé.» Il est soupçonné d'avoir détourné cet argent de son entreprise... L'affaire est à l'instruction au parquet de Bruxelles.

© La Dernière Heure 2005