Faits divers 3.000 capsules trouvées dans un bar de Laeken illustrent l’ampleur du phénomène.

La zone de police Bruxelles-Capitale-Ixelles a mené un contrôle, samedi soir, dans un bar à chicha du quartier Bockstael, à Laeken, et découvert 3.000 capsules de protoxyde d’azote ou gaz hilarant. L’exploitant, un homme de 26 ans, a reconnu que ces bonbonnes étaient destinées à être proposées aux clients. "Le commerce a été fermé jusqu’au paiement de l’amende", précise le parquet de Bruxelles.

Le protoxyde d’azote est un produit utilisé par la médecine ou pour usage dans les moteurs à combustion. En vente libre, il est détourné de son usage de manière récréative et se développe grandement en région bruxelloise. Ce gaz est inhalé et produit des effets euphorisants au bout d’une quinzaine de secondes et pendant une brève période de deux à trois minutes. Une consommation modérée apparaît sans danger, au contraire de la prise répétée. Ce produit attire surtout les adolescents et les jeunes adultes.

En mars, Cécile Jodogne, secrétaire d’État bruxelloise chargée de la prévention en matière de santé, avait alerté sur son développement important. Les données manquent cependant pour estimer sa prolifération. Notamment parce qu’il ne s’agit pas d’un produit illégal. Mais, rien qu’à Scharbeek, en janvier et février 2017, les gardiens de la paix ont ramassé par terre entre 2.000 et 2.500 petites bonbonnes vides au sol. Soit autant que pendant une année entière, en 2015 et en 2016. "Il y a une volonté de pouvoir faire des diagnostics plus précis via les communes concernées pour proposer sur cette base des mesures concrètes et ciblées", précise le cabinet de la secrétaire d’État.

"Dans plusieurs communes, les gardiens de la paix ramassent de plus en plus de bombonnes. Nous leur expliquons le produit, son histoire et ses effets", poursuit Jérôme Poulin, travailleur social à Transit, ASBL destinée aux usagers de drogues. Selon lui, le risque principal est celui du mode de consommation. "Le gaz est très inflammable. Il faut s’éloigner de toute source de chaleur, même une cigarette. Une consommation prolongée peut induire une sensation d’asphyxie. Il faut aussi éviter les prises trop répétées et les mélanges avec d’autres produits."

Aucun accident grave n’a, jusqu’ici, été observé en Belgique. Mais il est très loin d’être sans danger. Le phénomène, très connu en Angleterre, aurait fait dix-sept morts entre 2006 et 2012, selon Stephen Ream, directeur de l’ASBL caritative Re-Solv, dus à des utilisations par bouteilles médicales.