Incendie spectaculaire chez Yara à Saint-Ghislain: déjà une explosion en 2009

C.Ti. Publié le - Mis à jour le

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Faits divers

Ce mardi, sur le coup de 15h30, un bruit tonitruant a retenti chez Yara, une usine classée Seveso présente à Saint-Ghislain. Quelques minutes plus tard, d’importants dégagements de fumée étaient aperçus par les riverains de la rue Carbo. Un incendie s’est déclaré et a détruit une partie des installations. Si l’explosion et ensuite, l’incendie ont fait d’importants dégâts, aucun blessé n’est à déplorer sur le site.

Selon nos informations, une fuite d’hydrogène serait à l’origine de l’explosion et de l’incendie. Ni une ni deux, les opérateurs Yara, formés à ce type de catastrophe ont pris les “choses” en main pour limiter les risques mais aussi les dégâts. Le personnel a d’ailleurs rapidement réussi à confiner l’incident évitant ainsi à la situation d’empirer.

À la hâte , le plan communal d’urgence a été déclenché. Les services incendie de Mons et de Saint-Ghislain se sont déployés. Un important dispositif de sécurité a été mis en place même si aucun dispositif d’évacuation n’a été nécessaire. Les policiers de la zone de police boraine, la protection civile, un centre de crise, les autorités communales et les services du gouverneur étaient également sur les lieux.

Une fois sur place, les pompiers ont pris le relais afin d’éviter que l’incendie ne se propage à l’ensemble de l’usine. Vers 19 heures, si les dégagements de fumée étaient encore présents, la situation était sous contrôle. “Les produits impliqués dans l’incendie étaient de l’hydrogène et de l’ammoniac”, a communiqué la ville de Saint-Ghislain.

Par mesure de précaution, le bourgmestre a déclenché le plan communal d’urgence et un périmètre de sécurité a été dressé aux abords de l’usine et à la rue de Chièvres. Nous confirmons qu’aucun blessé n’est à déplorer et qu’il n’y a aucun risque pour la population”.

Pour l’heure , les hommes du feu étaient toujours sur les lieux. Le dispositif de sécurité n’avait pas encore été levé à l’heure de boucler cette édition. L’ampleur des dégâts n’a pas encore été communiquée mais il y a peu de chance pour que l’usine Yara sorte indemne de cet incident pour le moins spectaculaire.


Déjà une explosion en 2009

L’incident avait éclaté à la fin du mois de juin 2009 sur le site de Yara. Deux blessés graves parmi le personnel de l’usine avaient été touchés par l’explosion. Leurs jours n’avaient pas été en danger malgré les importantes brûlures. L’exploitation du site avait été arrêtée durant près de six mois. À l’époque, vers une heure du matin, une explosion avait touché le four d’ammoniac présent au sein de l’usine. Le plan d’urgence avec un important déploiement des services de secours avait été déclenché. La crainte était alors que deux conduites d’ammoniac et une de gaz naturel soient touchées. Ce n’était finalement pas le cas. Mais les dégâts matériels avaient paralysé l’activité de l’usine.


Une activité au ralenti

L’incident aura un impact sur la suite des activités de l’entreprise. Au niveau de l’ampleur des dégâts, tout reste à déterminer. “ C’est difficile à dire”, explique Rudy Lemetter, chef du site de l’entreprise Yara. “ Tous les câbles électriques ont fondu”.

Toutefois , il n’y aura pas d’arrêt de l’activité. “ Je ne pense pas qu’il y aura un chômage technique”. Les experts remettront prochainement leur avis. “ Il faudra attendre les résultats de l’expertise de la machine sous laquelle le feu s’est propagé”. La plupart des installations ont dû être arrêtées. En cause, la sécurité de l’entreprise et le manque d’ammoniac. “ Si on ne fabrique plus d’ammoniac, on ne peut plus s’alimenter nous-mêmes et nos stocks étaient très faibles. Cela aura donc un impact sur l’équilibre de l’usine mais j’espère que cela ne sera qu’une question de semaine”.

Cet événement pouvait également laisser craindre une forte concentration de la pollution et donc un arrêt total des activités le temps de dépolluer l’endroit. Le risque est dès à présent écarté. Pour ce faire, des contrôles ont été effectués. Il s’est avéré que le taux était revenu à la normale dès la fin de l’intervention des services de secours.

Le rapport de l’expert devrait éclaircir la situation quant à l’avenir à court terme de l’entreprise.


Daniel Olivier (bourgmestre de Saint-Ghislain): "Soumis à des normes plus strictes"

Avoir des entreprises Seveso sur une commune comporte un risque mais ils sont soumis à des mesures de respect de normes de manière plus drastique que les autres. Ils sont également soumis à des contrôles plus strictes. Quand il y a un incident, on a pu, jusqu’à maintenant, le maîtriser. Je me réjouis de la collaboration des pompiers, des services médicaux, de la police, des services du gouverneur qui ont réagi très vite par rapport à l’incident.

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