Faits divers

La justice avait égaré les écoutes téléphoniques incriminant un trafiquant.

Voilà un motif de libération inédit en Belgique. Une perte de documents. D’écoutes téléphoniques précisément. Ces conversations retranscrites ont été égarées. Résultat : un trafiquant d’êtres humains libéré !

L’affaire se passe devant le tribunal correctionnel de Bruxelles. Ibrahim A., un Irakien âgé de 36 ans, a fait appel de sa condamnation. Il avait été condamné en 2011 à huit ans de prison pour trafic d’êtres humains, pour avoir organisé des transports d’illégaux vers l’Angleterre via des passeurs qui opéraient sur des parkings de Bruxelles et de Grand-Bigard.

Mais voilà que le nouveau procès est reporté à six reprises. En cause : une perte des écoutes téléphoniques. La défense d’Ibrahim A. constate que ces pièces manquent au dossier et le fait chaque fois savoir à l’audience. On lui répond qu’on ne retrouve effectivement plus ces écoutes. Il est alors décidé de libérer le trafiquant d’êtres humains. La décision tombe vendredi dernier.

Interrogé mardi à ce sujet en commission, le ministre de la Justice, Koen Geens, assure que ces écoutes sont disponibles et qu’elles se trouvent dans une enveloppe au greffe du palais de justice de Bruxelles ! Le parquet de Hal-Vilvorde communique dans la foulée qu’il fait appel de la décision de libération du condamné.

De quoi rendre furax la défense. L’avocat d’Ibrahim A. estime que le ministre de la Justice a brisé le principe de la séparation des pouvoirs. Les écoutes ont miraculeusement été retrouvées.

Précisons que les accusations qui pesaient sur le condamné portaient essentiellement sur ces écoutes téléphoniques. Raison pour laquelle, suite à la perte de celles-ci, il avait été décidé, la semaine dernière, de le libérer. Mais voilà que des rebondissements sont survenus ces derniers jours.

L’affaire n’est pas terminée. L’avocat du condamné compte bien ne pas laisser passer les interventions du ministre de la Justice. Il veut surtout comprendre aussi comment ces écoutes sont tout à coup réapparues.