Faits divers Dix-huit heures d'enquête pour retrouver une jeune fille de 13 ans disparue dans un lycée

BRUXELLES Une disparition constatée au dernier cours du matin, un cours de maths. Jusqu'à 6 h le lendemain matin, des policiers ont cherché la jeune fille partout en ville, à Bruxelles, dans les hôpitaux. Le parquet-famille a été sur la brèche ainsi que Child Focus qui s'apprêtait à imprimer 2.000 affiches.

Les policiers ne progressaient pas. En pleine nuit, ils convoquaient le directeur de l'établissement, l'éducateur, la titulaire et un prof de langues dont il semblait que la disparue était secrètement amoureuse, à 13 ans. Elle traversait une période difficile. Ses parents n'en avaient pas pris pleinement conscience mais plusieurs témoignages parlaient d'automutilation, signe d'un processus autodestructeur pouvant conduire au suicide.

Quand on l'interrogeait sur ses blessures aux poignets, la jeune fille parlait de griffes de chat.

Au derniers cours, la jeune fille s'était rendue chez l'éducateur. Elle avait eu un entretien après quoi l'éducateur avait enjoint l'élève de retourner en classe.

L'enseignant, lui, était persuadé que l'entretien se prolongeait.

Bref, ce n'est qu'au réfectoire, à midi 30, que l'on s'est étonné de sa disparition.

Les parents ont été informés. A 13 h, la maman se présentait au bureau de police. Celle-ci a suggéré de patienter jusqu'à la reprise des cours. A 16 h, toujours sans nouvelle de l'élève, le Service Famille-Jeunesse et Moeurs de la police locale alertait le parquet. La jeune fille n'avait pas d'argent sur elle. Elle n'avait pris ni son sac ni sa veste. Il était vaguement question d'un petit ami mais au plus les heures s'écoulaient, au plus la disparition prenait un tour alarmant.

A minuit, la police convoquait le directeur, le titulaire de classe, de l'éducateur et un psychologue du centre PMS. Entre-temps, les copains et copines de classe apprenaient que la disparue semblait être tombée sous le charme d'un prof de langues, lequel, réveillé en pleine nuit, déclarait qu'il n'avait absolument jamais rien soupçonné.

La nuit s'achevait. Et toujours rien. Dix-huit heures que des policiers cherchaient un début de piste quand l'un d'eux, tombant de fatigue mais passant à hauteur du lycée, a vu de la lumière dans le bureau du directeur. A 6 h 30 du matin? L'inspecteur a voulu savoir.

Et a surpris, dans le bureau, le directeur en grande discussion avec la jeune fille que ses parents, Child Focus, le parquet et la police recherchaient depuis la veille. Le directeur allait prévenir les parents ainsi que la police.

L'adolescente n'avait jamais quitté le lycée. Après la fin des cours, elle s'était cachée dans une classe, au premier, choisissant d'ailleurs spécialement cet étage parce qu'elle savait qu'il n'était équipé d'aucun système d'alarme. La jeune fille a été prise en charge.

Dans la journée, la police recevait les félicitations de Child Focus pour l'énergie qui n'avait servi à rien mais que les policiers avaient néanmoins déployée pour retrouver la demoiselle.

© La Dernière Heure 2005