Faits divers

Une enquête récente dans le centre de Bruxelles dénonce certaines agressions

BRUXELLES Le phénomène des agressions est-il en recrudescence dans le quartier homosexuel du centre de Bruxelles ? Selon les résultats d'une enquête commandée l'année dernière par la ministre de la Justice Laurette Onkelinx, un tiers des sondés, sur les 377 personnes qui ont répondu à cette étude menée par l'Ehsal, affirment éprouver au moins une fois par mois un sentiment d'insécurité à Bruxelles-ville, à cause de leur orientation sexuelle.

Toujours selon cette enquête dont les résultats ont récemment été publiés, 60 % des personnes interrogées indiquent avoir été victimes d'une agression verbale au moins une fois. 19 % des sondés ont déjà subi des menaces, 10 % une agression physique et 3 % ont été victimes d'agressions sexuelles et de viols. De quoi susciter les craintes de certains homosexuels qui, du coup, n'osent plus fréquenter le quartier Saint-Jacques au centre-ville de Bruxelles, plus connu sous le nom du quartier gay de la rue Marché au Charbon et des alentours.

Du côté des patrons des établissements du quartier gay, on relativise. "Le nombre d'agressions n'a pas augmenté dans le quartier comparé à il y a une vingtaine d'années. Ce qui a augmenté par contre, ce sont les plaintes des homosexuels. Avant, ils n'osaient pas porter plainte de peur, d'être une deuxième fois agressés au commissariat du fait d'être homosexuels. À présent, c'est différent. La police locale a également beaucoup travaillé à l'amélioration de la sécurité des homosexuels dans le quartier. Les agressions ont plus souvent lieu à présent en dehors du quartier gay, dans les alentours de celui-ci, place Fontainas et place Anneessens notamment", commente le coordinateur général de l'association des gays et des lesbiennes, Tels quels, Michel Duponcelle. Association qui, depuis 1987, vient notamment en aide aux victimes d'homophobie.

Autre bar réputé du quartier, le Boy's Boudoir, 25 rue du Marché au Charbon. Ici, un portier veille à refuser l'entrée aux éventuels mal intentionnés qui voudraient s'en prendre à la clientèle majoritairement gay. "On n'a pas de problème d'agressions dans le bar. On s'est par contre associé aux autres patrons de bars du quartier depuis peu afin de mettre ensemble en place des moyens pour lutter notamment contre des éventuels problèmes de ce genre", confie Felix, l'un des patrons du bar-restaurant.



© La Dernière Heure 2007