Faits divers L’ancien patron de la société française a confirmé avoir versé 720.000 € au député-bourgmestre de Seraing.

Le tribunal liégeois a entamé un procès concernant des soupçons de corruption dans le cadre de la construction de l’incinérateur d’Intradel situé à Herstal. Précisons d’emblée qu’Intradel se constitue partie civile. Quelque 22 prévenus - 18 personnes et 4 sociétés - doivent répondre de plus d’une centaine de préventions de faux, usage de faux, corruption, blanchiment, organisation criminelle, trafic d’influence, entraves des marchés et abus de confiance.

Un seul nom était sur toutes les lèvres : Alain Mathot. Le grand absent de ce procès a été évoqué tout au long de la matinée puisque l’ancien patron de la société Innova déclare lui avoir versé des pots de vin pour obtenir le marché. Des sommes versées à la demande d’Alain Mathot selon Philippe Leroy. Alain Mathot nie ces accusations. Mais il ne devra pas s’en expliquer devant la justice, car le Parlement n’a pas levé son immunité…

Aux côtés de l’ancien patron d’Innova, on retrouve Roger Croughs, l’ancien patron de l’intercommunale Intradel, mais aussi Michel Vander Elst, un ancien avocat condamné en 1993 à 8 ans de prison pour sa participation avec la bande à Haemers dans l’enlèvement de l’ancien Premier ministre Paul Van den Boeynants en 1989. L’homme était le conseiller juridique de Léon-François Deferm, un milliardaire proche d’Alain Mathot qui est soupçonné d’avoir englouti une partie de ses dettes.

Philippe Leroy, l’ancien patron d’Innova déclare que Deferm a reçu un million d’euros. L’homme a également parlé du rôle qu’il attribue à Alain Mathot. "Il m’a dit que ce serait bien de passer un contrat de lobbying, a expliqué l’ancien chef d’entreprise. Il m’a parlé de 2 millions d’euros." Selon Philippe Leroy, Alain Mathot lui aurait dit : "Tu enverras un million d’euros et le reste, je le veux en espèces."

L’homme a rappelé qu’il avait rencontré à plusieurs reprises Alain Mathot dans des hôtels parisiens pour lui remettre de grosses sommes d’argent en petites coupures. L’homme a confirmé un total de 720.000 euros. "En lui donnant cet argent, je savais que l’on rééquilibrait nos chances d’obtenir le marché. Il y a des gens qui ont un pouvoir de décision et il y a des gens qui ont un pouvoir de nuisance. Le juge m’a dit que si je ne disais pas la vérité, je passerais Noël en prison. Mais il ne m’a pas dit de dire que j’avais remis de l’argent à Alain Mathot. J’ai dit volontairement la vérité."

Plusieurs autres audiences sont prévues pour venir à bout de ce procès-fleuve.