Faits divers Chute du balcon du 20e étage : les nombreuses invraisemblances qui empêchent le père de la jeune mannequin candidate à Top Model Belgium 2018 de croire à un simple accident

Le mystère reste immense, dix jours après le décès tragique en Malaisie d’Ivana Smit, ce mannequin belgo-néerlandaise de 19 ans morte la semaine passée dans d’étranges circonstances, après avoir basculé par-dessus un balcon du 20e étage d’un immeuble, à Kuala Lumpur.

Après une soirée en boîte, la top model avait accompagné un couple dans cet appartement du quartier chic de Jalan Dang Wangi où le drame s’est joué vers 10 heures du matin. Les caméras montrent que le trio est rentré vers 5 h. Dernier signe de vie à 7 h 25 : Ivana envoyait un selfie à son boyfriend en Allemagne, Lucas Kramer.

Propriétaire de l’appartement, Alexander Amado Johnson, 45 ans, a fait fortune grâce à la société qu’il a co-fondée en 2015. Everus World est active dans la crypto-monnaie et la blockchain, cette technologie de stockage et transmission d’informations sans organe de contrôle que l’on retrouve derrière le bitcoin. Il est milliardaire. Luna, 30 ans, sa femme d’origine indonésienne, est dans la mode. C’est plutôt d’elle qu’Ivana Smit est proche.

D’après l’enquête, la chute de la Belgo-Néerlandaise s’est déroulée vers 10 h. Le corps, complètement nu, n’a été retrouvé qu’à 15 h, disloqué sur le balcon du 6e.

Les parents de la top model réfutent la thèse de l’accident à laquelle la police locale a trop rapidement conclu, selon eux.

Le père d’Ivana se base sur des informations selon lesquelles le couple qui invitait sa fille serait adepte d’échangisme. "J’ai appris qu’ils avaient l’habitude de faire appel à de jeunes modèles pour des jeux sexuels."

Ivana mesurait 1,81 m. La balustrade a 1,20 m de haut. Pour Marcel Smit, une chute accidentelle est tout simplement inconcevable.

Pour avoir vu le corps à la morgue, il affirme qu’il y avait des ecchymoses au niveau du cou ainsi que des empreintes de doigt, "comme si quelqu’un l’avait agrippée".

Ce qui pose aussi question au père d’Ivana est le laps de temps de 5 heures entre la chute et la découverte du corps. "C’est très étrange que le couple n’ait rien fait entre 10 h et 15 h". A la police, Johnson a tout simplement répondu qu’il dormait. Quant a sa femme, le couple a une fille de 4 ans. Luna serait allée la déposer à l’école vers 8 h puis, rentrée à l’appartement, se serait endormie à son tour.

Selon le père d’Ivana toujours, des voisins auraient entendu des cris et des éclats d’une dispute.

Autre fait suspect : alors que les affaires d’Ivana se trouvaient dans l’appartement, ni ses chaussures ni ses sous-vêtements n’ont été retrouvés.

Sur son site web, Today Singapour affirme que le couple avait dû comparaître le lundi précédent pour drogue. Le tribunal l’aurait laissé en liberté moyennant une caution.

Les examens sanguins ont montré qu’Ivana avait consommé de l’alcool, de l’ecstasy et des amphétamines. D’où cette réflexion du père de la top model : "Ce n’est pas ce qu’on prend avant de se mettre au lit. Que s’est-il passé dans cet appartement ?"

La mannequin, qui avait travaillé pour Chanel, devait rentrer en Belgique le 20 décembre en vue de concourir à Top Model Belgium dont la finale est prévue le 21 janvier au Lido à Paris. Pour son père, "elle avait toutes ses chances".

Ensuite Ivana s’installerait en Malaisie d’où elle était originaire par ses grands-parents paternels, qui vivent à Penang. La jeune femme avait fait ses études à Hasselt et notamment travaillé comme student au Center Parcs d’Erperheide. Elle rêvait d’une carrière dans la mode et le mannequinat.

Pour Marcel Smit, le couple a eu 7 heures devant lui pour mettre au point une version. Le père d’Ivana fait appel à Interpol pour une enquête indépendante. Il demande une contre-autopsie. "On ne peut laisser autant de points d’interrogation." Porte-parole de la police de Kuala Lumpur, Abdullah Shaharuddin maintient la thèse de l’accident, sans intervention d’un tiers.

© D.R.