Faits divers

En quatre minutes, 820.000 euros...

BRUXELLES Le parquet de Bruxelles parle d'une "opération de professionnels" pour qualifier le hold-up sans coup de feu ni blessé grave, mais qui a rapporté gros, commis la nuit de samedi à dimanche, entre 4 h 20 et 4 h 25 du matin, au Grand Casino de Bruxelles, rue Duquesnoy, près de la Grand-Place, par quatre ou plus probablement cinq individus en fuite avec un butin de 820.000 €.

Ce casino a deux ans. C'est son premier hold-up. Comme moyen de fuite, les gangsters utilisaient un taxi muni de plaques attribuées à un Anversois mais plus en usage depuis 13 ans. Les gangsters ont été suivis à distance par un policier qui a perdu leur trace dans l'échangeur de Crainhem.

Le week-end, le Grand Casino Brussels, en face du Royal Windsor, ne ferme pas avant 5 h du matin. Selon les constatations, il est 4 h 21 - heure d'été - quand quatre individus font irruption. Armes, cagoules et vêtements sombres. Chacun a un rôle précis. Un chef, "mince, pas si grand", dirige l'opération. À deux, ils écartent le public de l'entrée de la salle de jeu et forcent tout le monde à se coucher ventre à terre. Deux autres prennent un employé en otage, collent un pistolet sur sa tempe et, à trois, les voilà qui se dirigent vers la salle des coffres-forts. On parle d'armes de poing et d'au moins une arme à canon long, fusil à pompe ou pistolet-mitrailleur. Les gangsters s'expriment en français; parfois, entre eux, des mots arabes semblent échangés. Les deux équipes restent en contact via des GSM : elles communiquent par SMS. Enfin, un auteur a sauté par-dessus le comptoir et vidé les caisses.

Filmés par des caméras

L'argent raflé dans le coffre-fort a été mis dans un sac de sport. Onze témoins ont été entendus par la police de la zone Bruxelles-Capitale-Ixelles à qui incombe l'enquête. Pour eux, l'opération n'a pas duré quatre minutes. Les gangsters, qui veulent éviter les réactions de panique, se montrent plutôt rassurants. Ils promettent : "Rien ne vous arrivera".

À un moment, celui qui semble diriger donne l'ordre de repli. Les quatre ont alors rejoint la voiture à bord de laquelle ils étaient arrivés, et au volant de laquelle un cinquième comparse, probablement, les attendait, prêt à démarrer vers le haut de la rue et la gare Centrale.

Le hasard a voulu qu'un policier en civil se trouvait rue Duquesnoy.

L'homme a pris les braqueurs en chasse tout en communiquant constamment sa position à des collègues. Mais cela n'a pas suffi à coincer les malfrats qui ont filé par la rue Belliard - brûlant au passage au moins un feu rouge - vers le Cinquantenaire, puis via les tunnels vers le début de l'autoroute de Liège, et c'est dans l'échangeur de Crainhem que le policier les a perdus définitivement. Il pense que les gangsters du casino ont dû grimper sur le ring en direction des Quatre-Bras. Le véhicule, un break VW probablement Golf ou Passat, de teinte noire, portait sur le toit, côté gauche, un spoutnik de taxi.

L'immatriculation, 1XG92, est radiée depuis fin mars 1993. Hier soir, le véhicule n'avait pas été retrouvé. Les gangsters ont été filmés par les caméras du casino et celles disposées dans la rue Duquesnoy et avaient déjà servi l'an passé à filmer les meurtriers en fuite de Joe Van Holsbeeck, lesquels, venant de la gare Centrale, avaient descendu la rue Duquesnoy et étaient passés devant le casino pour rejoindre plus loin le métro Bourse.



© La Dernière Heure 2007