Faits divers Le septuagénaire a aidé son épouse à mourir. Il est poursuivi pour assassinat. Le parquet réclame 5 ans d’emprisonnement.

Béquille à la main, Jacques Peleeheid, un habitant de Fexhe-Slins âgé de 73 ans a pénétré dans une des salles d’audience du tribunal correctionnel de Liège, avec une boule dans le ventre.

C’est qu’aux yeux de la loi, l’homme risque la perpétuité pour avoir commis le meurtre de son épouse par administration de substances qui peuvent causer la mort. Un assassinat selon le code pénal, un acte d’amour selon le mari de Charlotte, de 21 ans son aînée.

"Charlotte souffrait énormément. Je l’ai toujours aimée. Elle n’en pouvait plus et m’a demandé plusieurs fois de faire ce qui fallait pour en finir. Elle me disait : ‘Chou, donne-moi des cachets .’ Elle en a parlé devant plusieurs témoins et à notre médecin traitant", dit Jacques des larmes dans les yeux.

Et le 9 octobre 2009, c’est le drame. Charlotte Thonon, 86 ans, était décédée après avoir ingurgité un cocktail détonnant à base de somnifère et de morphine. Très vite, il est apparu que Jacques Peleeheid avait préparé le cocktail mortel et le mélange avec du porto, la boisson préférée de son épouse. Se fréquentant depuis 1967 et mariés depuis 1977, l’homme a aimé et aidé son épouse depuis que la malheureuse était en mauvaise santé. D’ailleurs, lorsqu’il a été interrogé, Jacques a expliqué qu’il avait agi à la demande de son épouse.

Charlotte souffrait d’une polyarthrose diffuse qui lui occasionnait d’importantes souffrances. Elle ne pouvait accéder à une procédure d’euthanasie mais avait émis le souhait, auprès de nombreuses personnes, de mourir afin de ne plus souffrir. Pour son mari, il s’agissait donc d’un suicide assisté.

À l’époque, l’homme avait été placé sous mandat d’arrêt et écroué à Lantin. "La justice ne veut pas me comprendre. Il faut vivre un drame comme le mien pour savoir. Mais j’assume. Je suis certain d’avoir fait ce qu’il fallait. Ma femme est heureuse là où elle est."

Malgré toute l’humanité du geste posé par Jacques, le parquet de Liège a soutenu que le prévenu avait commis un acte grave en mettant fin aux jours de son épouse et a requis une peine de cinq ans d’emprisonnement.

La défense a réclamé l’acquittement en soutenant que son client n’était pas dans un état normal lorsqu’il a commis un acte d’amour face à la souffrance de son épouse. L’avocat a plaidé, à titre subsidiaire, une déclaration de simple culpabilité. Le jugement sera prononcé le 20 octobre.

"J’attends cette date avec angoisse. Mais je suis allé en prison à l’époque et je ne veux pas y retourner. Si je suis condamné, eh bien c’est simple, j’ai plein d’arbres dans ma propriété et je me pends !"