Faits divers Le ministre a envoyé des consignes aux zones de police qui testeront l’arme.

Considéré comme une arme non-létale, le Taser sera désormais testé dans 14 zones de police du pays. Ce pistolet à impulsion électrique utilisé comme nouvel équipement par nos policiers, a beaucoup fait réagir tant du côté des organisations syndicales que d’Amnesty International qui rappelle que l’appareil a déjà causé la mort de plusieurs personnes à travers le monde.

Début décembre, le ministre de l’Intérieur, Jan Jambon, avait assuré qu’une formation serait donnée aux policiers qui se serviraient du Taser et qu’une évaluation serait faite dans quelques mois sur les risques éventuels engendrés par le recours à ce pistolet électrique.

Pas de quoi calmer pour autant les syndicats de police, tous contre ce projet dont ils critiquent l’absence de cadre légal.

Dans un courrier envoyé la veille de Noël aux zones de police qui font partie du projet-pilote d’une durée d’un an, le ministre de l’Intérieur Jan Jambon, établit cette fois un cadre précis de l’utilisation du Taser.

Pas question de sortir l’arme pour n’importe quelle intervention. Il faudra répondre à certaines conditions particulièrement strictes.

Le Taser pourra ainsi servir pour des missions des Unités d’assistance spéciale, des missions d’intervention et d’appui en milieu pénitentiaire, des missions de transferts de détenus et des missions exercées par les unités d’appui en cas d’incidents particuliers nécessitant de tels renforts.

De plus, il faudra également veiller à ce que ces armes non létales soient stockées de la même manière que les armes à feu, selon des mesures de sécurité similaires. Pas question de ranger son Taser dans un tiroir du commissariat.

À chaque utilisation du pistolet à impulsion électrique, une procédure devra être suivie, comme le fait d’en informer le Comité Pédagogique, de la même manière que ce qui se fait lors de l’utilisation d’une arme à feu.

"Ces consignes démontrent que le ministre Jan Jambon fait la preuve d’une courbe rentrante par rapport à ce qui avait été annoncé précédemment. Cependant, rien n’indique ici que le pouvoir judiciaire, via le collège des procureurs généraux, a marqué son accord sur l’utilisation du Taser. Si un incident grave venait à se produire, il faudra alors en déterminer les responsabilités", conclut le président du SLFP, Vincent Gilles.