Faits divers Michel Libert revient sur ses déclarations selon lui "mal comprises"

Parlant d’"amalgame" et de "mauvaise compréhension", Michel Libert, qu’interrogeait ce week-end la télévision régionale TV Oost, réfute avoir voulu impliquer l’ancien Premier ministre Paul Vanden Boeynants dans les tueries du Brabant. "Je n’ai jamais dit que VDB (surnom de l’homme politique décédé en 2001) est intervenu d’une façon ou d’une autre dans le contexte des tueries et du WNP", nous a-t-il précisé hier. "On m’a mal compris. On fait une fois encore des liens, des amalgames qui n’ont pas lieu."

Dans sa jeunesse, Michel Libert a appartenu au Westland Newpost et, lié au WNP, à une structure clandestine allemande appelée PAL (Polizei Algemeine Leuchte) dont il a dirigé le Sereg, le service de renseignement. La question : ces structures sont-elles derrière les tueries ? Depuis 35 ans, tous les enquêteurs qui ont voulu le prouver et voyaient en Michel Libert le possible géant des tueurs, ont échoué.

Dans quel but revient-on aujourd’hui en Flandre sur cette piste battue et rebattue ? Hier Libert explique que d’une interview de plus de trois heures, dont une demi-heure filmée, TV Oost a tiré un extrait réducteur qui, hors contexte, ouvre la porte aux amalgames.

Que fallait-il comprendre?

A-t-il appartenu au PAL et au WNP ? Sa réponse : "Oui."

Le WNP a-t-il participé aux tueries ? Sa réponse : "Non."

Libert peut-il exclure l’hypothèse, derrière les tueries, d’un électron libre au WNP ? Sa réponse : "Non. Mais je rappelle que j’étais un témoin privilégié au WNP qui voyait et entendait tout. Cela fait 32 ans que je cherche à comprendre et après 32 ans, je n’ai aucun élément qui fasse le lien entre quelqu’un du WNP et les tueries du Brabant . Je n’ai rien de concret sur personne. Ce n’est pas faute d’avoir cherché."

Autrement dit : de concret, Libert dit ne rien savoir. Restent les hypothèses, extrapolations et supputations.

L’une d’elles : Libert n’exclut pas que quelqu’un ait subtilisé au WNP des rapports de repérages effectués dans des grandes surfaces et les ait refilés à quelqu’un d’extérieur qui s’en serait servi. Sauf à nouveau qu’il était le mieux placé au WNP, qu’il cherche depuis trois décennies et n’a pas l’ombre d’un début de commencement de preuve.

Par contre, Michel Libert réfute clairement hier avoir voulu impliquer M. Vanden Boeynants "d’une manière ou d’une autre dans les tueries et le WNP". Et s’il maintient désigner VDB comme "un des patrons du WNP", il reconnaît aussi n’avoir "aucun élément concret sinon des convergences".

L’avocate de la famille de l’ancien Premier ministre, Me Véronique Laurent, a déjà qualifié ce propos de "ridicule" et "scandaleux", s’agissant d’accuser "quelqu’un qui n’est plus là pour se défendre".