Faits divers

Nous avons retrouvé la fille en partie dénudée par des partisans pro-corrida lors d’une manif

NÎMES Célibataire à Montpellier, elle a 23 ans, travaille dans “la grande distribution” et préfère ne pas divulguer sa véritable identité, et qu’on l’appelle “Claire” .

Non par honte (”C’est plutôt eux qui devraient avoir honte” ) mais, dit-elle, par crainte de représailles.

C’est elle la jeune femme dans l’arène, et à l’épaule tatouée d’un taureau, qu’une vidéo montre se laisser dépouiller de son soutien-gorge, lors d’une manif anticorrida à Rodilhan à laquelle participaient 12 Belges.

Postée sur dhnet, cette vidéo a été regardée 20.700 fois et a suscité 2.500 commentaires depuis jeudi passé. La scène constitue un abus sexuel et pourtant elle se déroule sous le regard hilare du sénateur-maire pro-corrida de Nîmes qui, nous précise Claire hier, “prenait aussi des photos”.

Claire a dû garder la poitrine découverte “environ dix minutes. […] J’étais hallucinée. Un type a d’abord dégrafé mon soutien puis est ensuite revenu le retirer. J‘étais dans l’arène, allongée au sol, essayant de mes deux mains de cacher ma poitrine. Et par la suite un autre homme m’a tirée par les cheveux et m’a traitée de “grosse p…”, me demandant si je n’étais pas gênée d’être comme ça. Je n’en reviens pas de tant de haine parce que nous manifestions contre les corridas. Mes parents sont comme moi, en état de choc. Oui, on se sent humiliée. Il faudra du temps pour oublier.”

Claire a déposé plainte à Nîmes pour violences en réunion, attentat à la pudeur et non-assistance à personne en danger. “Dans cette position, dix minutes, quand on est une femme, c’est long. J’avais mes mains. Il y avait des policiers. Personne ne bougeait pour moi. Par contre, on prenait des photos, même le maire. À un moment, une fille m’a offert son foulard. Plus tard, j’ai reçu une veste.”



© La Dernière Heure 2011