Faits divers Il lui avait glissé un mot déplacé sous la porte. La police avait été prévenue.

Incompréhension, tristesse, colère, les sentiments se bousculent au moment de penser au calvaire de Louise, cette étudiante française de 24 ans tuée lundi soir par son voisin, Patrick Vanderlinden (54 ans).

Pour rappel, lundi soir, le corps de la malheureuse avait été découvert gisant sans vie dans son kot du quartier du Londgoz, à Liège. Louise avait été étranglée et frappée d’un coup de couteau en plein thorax. Moins de 24 h après la découverte du corps, le voisin de Louise était arrêté. Il est rapidement passé aux aveux.

Dès ce moment , des voix se sont élevées pour dénoncer les manquements de la police de Liège. En fait, Vanderlinden a un lourd passé judiciaire. Il a été condamné deux fois pour viol à deux peines de trois et six ans de prison. Il est sorti de Lantin en 2015 et s’est installé à Liège. Il y a même trouvé du travail.

Mais, quelques mois après sa remise en liberté, Vanderlinden est descendu, nu, de son appartement pour aller glisser un mot sous la porte de Louise. "Je veux te baiser", lui avait-il élégamment écrit. Mais Louise avait ouvert sa porte et était tombée sur le gaillard en tenue d’Adam.

Quelques jours plus tard, sur le conseil de plusieurs proches, la jeune étudiante s’était rendue à la police de Liège, non pas pour y déposer plainte, mais pour signaler les faits en faisant rédiger une main courante. Entre-temps, Vanderlinden s’était excusé et Louise ne voulait sans doute pas envenimer davantage leur relation de voisinage, et ce d’autant plus qu’elle ne connaissait pas le passé de Vanderlinden.

Mais force est de constater que la main courante est restée lettre morte. Les questions fusent : qu’a fait la police une fois l’alerte donnée ? Pourquoi n’a-t-elle pas averti le parquet ? Il semble logique de penser qu’au moment du dépôt de la main courante, la police aurait pu, aurait dû, consulter le pedigree de Vanderlinden. S’apercevant qu’il s’agissait d’un violeur récidiviste, elle aurait pu prendre l’initiative de dresser un P.-V. et l’envoyer au parquet de Liège. Celui-ci aurait alors, sans nul doute, averti le tribunal d’application des peines.

Vanderlinden serait-il alors retourné en prison ? Mystère ! En tout cas, force est de constater qu’il était libre et qu’il s’est attaqué à Louise, une seconde fois.