Faits divers Le nutritionniste est formel: les fillettes étaient décédées lorsque Dutroux est sorti de prison

ARLON Le nutritionniste était attendu avec grand intérêt. Cet homme est en effet le seul qui pouvait confirmer ou infirmer la nouvelle version donnée par Dutroux, à savoir que Julie et Mélissa étaient encore en vie à sa sortie de prison.

Tout au long de l'instruction, Dutroux a toujours déclaré qu'il avait retrouvé les fillettes décédées dans la cache, le 21 mars 1996. Or, au cours de son interrogatoire devant la cour d'assises d'Arlon, Dutroux a changé son fusil d'épaule en soutenant que les fillettes étaient encore en vie et qu'il a tenté de les sauver. En vain.

Hier, l'expert nutritionniste a estimé qu'il était difficile de faire une évaluation car Dutroux est resté vague dans ses déclarations relatives à la nourriture et aux boissons laissées aux fillettes et que Martin, elle, s'est contredite.

Cependant, l'expert apporte malgré tout la certitude que les fillettes ne pouvaient plus être encore en vie le 21 mars 1996. "Le corps dispose d'une réserve alimentaire, explique-t-il. Mais sur une période de 103 jours de séquestration, il aurait fallu 150 litres d'eau pour chacune des fillettes pour espérer survivre. Or, même en prenant la déclaration la plus favorable de Dutroux, on arrive à 40 ou 45 litres." A en croire l'expert, les fillettes étaient condamnées.

Il révèle également que le rapport hydrique épuisé conduit à une déshydratation et donc à la mort. Le manque d'eau a donc davantage entraîné le décès que l'absence de nourriture.

Dutroux déclare qu'il y avait encore de la nourriture dans la cache à son retour. "Il n'est pas impossible que Julie et Mélissa étaient tellement affaiblies qu'elles n'ont plus été capable d'ouvrir les paquets..." Tragique.

Dutroux soutient également avoir laissé des bidons d'eau. "Il doit s'agir de bidons de 20 litres", a précisé l'expert. Comment une fillette de 9 ans, même en parfaite santé, peut-elle se servir à boire à partir d'un bidon lourd de 20 kilos?

Me Beauthier a aussi fait remarquer qu'un enfant n'a pas le souci de l'économie. Julie et Mélissa ont sans doute bu et mangé normalement sans se soucier que l'isolement serait si long... Bref, l'expert estime que Julie et Mélissa n'ont pu survivre. Dutroux soutient l'inverse. Dès lors, l'avocat Georges-Henri Beauthier a avancé trois hypothèse: "Soit une autre personne que Martin est venue ravitailler, soit Julie et Mélissa étaient mortes ou soit les fillettes ne se trouvaient pas dans la cache..."

© La Dernière Heure 2004