Faits divers L’imam Mohamed Benajiba de la mosquée Ettaouba d’Evere est acquitté.

Suite et probablement fin de la saga du réseau Zerkani. Hier, la cour d’appel a lu l’arrêt concernant sept personnes poursuivies pour terrorisme, ayant frayé dans la galaxie du recruteur algérien Khalid Zerkani, agrégateur de jeunes Bruxellois avides de faire le djihad armé en Syrie entre 2012 et 2014. Parmi eux, les tristement célèbres Abdelhamid Abaaoud ou Najim Laachraoui.

Hier, la cour d’appel de Bruxelles a condamné six de ces hommes. Deux ont été acquittés, dont l’imam Mohamed Benajiba. Son avocate, Me Nathalie Gallant, a une nouvelle fois obtenu qu’il soit blanchi. Soupçonné par le parquet fédéral d’être un dirigeant et un recruteur, l’imam de la mosquée Ettaboua d’Evere "adhère aux idées radicales" sur l’islam, selon la cour, mais cela "ne suffit pas pour le qualifier de membre".

La cour a regretté l’absence de transcription de ses prêches. Mais aucun prévenu n’a dit avoir été radicalisé par lui et il n’a pas été prouvé qu’il a aidé au financement des départs en Syrie.

Le prévenu le plus lourdement condamné est Othman Akzinnay, dont la peine passe de six à dix ans de prison. Ce jeune homme défendu par Me Isa Gultaslar est néanmoins sorti libre du palais de justice.

La cour a estimé que les actes commis étaient trop nombreux et qu’il fallait une peine plus lourde étant donné la gravité des faits. Son frère Mohamed écope de quatre ans de prison avec sursis pour ce qui excède sa détention effectuée.

Autre client de Mes Henri Laquay et Sébastien Courtoy, Majid A. passe de membre à dirigeant d’organisation terroriste, mais sa peine reste la même : cinq ans de prison dont vingt mois fermes. Ces mêmes pénalistes ont obtenu l’acquittement de Mouad K.

Au final, une cinquantaine de personnes ont été définitivement condamnées dans le cadre des grands procès des filières syriennes de départ au djihad, concentrées autour de la personne de Khalid Zerkani, toujours emprisonné. Plusieurs de ces condamnés sont encore en Syrie. Certains sont décédés en tant que combattants de l’Etat islamique, en Europe et en Syrie. Ce réseau était implanté à Bruxelles, surtout autour de Molenbeek, Schaerbeek ou encore à Laeken.