Faits divers Le machiavéli-sme de l’élève a été pointé par le tribunal.

Le tribunal de la jeunesse de Mons a étudié un cas très particulier de harcèlement téléphonique, subi par la directrice d’une école primaire de La Louvière en 2013. Même quatre ans après, le calvaire vécu par cette directrice est troublant. En effet, c’est une élève, alors âgée de 13 ans, qui est poursuivie pour le harcèlement par téléphone, messages et courriels souvent violents, obscènes et menaçants.

En incapacité de travail depuis 2014 et face au tribunal, la directrice était anéantie et toujours dans l’incompréhension la plus totale. "Je pense que je suis devenue folle". Et pour cause, la prévenue lui envoyait des messages d’insultes mais aussi à caractère sexuel, des menaces, transférait des informations personnelles à ses proches. Des menaces de mort et de viol ont même été proférées.

"Pourquoi moi ? J’ai pourtant tout fait pour t’aider", criait-elle à l’audience à l’attention de son ancienne élève. De fait, l’adolescente affirmait à l’époque qu’elle était aussi une victime. L’enquête, diligentée suite à la plainte déposée par la directrice, a pu déterminer que l’ado avait tout manigancé.

La jeune fille (17 ans aujourd’hui) a reconnu partiellement les faits. Elle a cependant maintenu qu’elle avait été influencée par un ami… Une zone d’ombre plane toujours, selon le ministère public, qui réclame une analyse psychologique ou l’application de mesures éducatives spécifiques et strictes.

"Ma cliente est complètement détruite et souffre d’un stress post-traumatique sévère, qui s’aggrave encore", a précisé le conseil de la directrice, Me Discepoli, insistant sur le caractère "sadique" des persécutions subies par sa cliente. "Ce n’était pas une blague de mauvais goût, ce harcèlement l’a tuée psychologiquement."

Même le tribunal a insisté sur le "machiavélisme" dont l’ado avait fait preuve à l’égard de "quelqu’un qui a tout fait pour l’aider". C’est finalement en toute fin d’audience qu’"un pardon", du bout des lèvres, s’est fait entendre. Un jugement est attendu le 9 novembre.