Faits divers Le garde du corps du plus ancien des djihadistes belges a été tué dans l’attaque.

Le Molenbeekois Bassam Ayachi, 70 ans, le djihadiste belge le plus âgé à être présent en Syrie, a survécu à une attaque ciblée menée par l’État islamique. C’est lui-même qui l’indique sur sa propre page Facebook. Le cheikh Bassam Ayachi est sorti indemne de l’attentat mais son garde du corps a été tué. On le voit en photo, agenouillé aux côtés du corps de celui qui le gardait, ou encore en train de désigner la tache de sang provoquée par l’assaut.

Selon le récit que l’imam fait de l’attaque, il semblerait que ses assaillants aient pénétré dans sa maison de la province d’Idleb, avec des armes à feu, alors que lui-même était absent. Sur des photos qu’il a publiées, il montre des inscriptions pro-Daech écrites sur les murs de sa propre maison : "L’État islamique se maintient et se développe", est-il inscrit.

Ancien responsable de feu le Centre islamique belge à Molenbeek et originaire de Syrie, le cheikh Bassam Ayachi a rejoint son pays natal en 2013 à bord d’une ambulance. Il s’y trouve toujours, dans les rangs des Suqour Ash-Sham, une faction rebelle membre depuis peu de l’Armée de la reconquête, une coalition opposée à Bachar el-Assad et à l’État islamique. Il s’agit d’un groupe relativement modéré.

Le cheikh Bassam Ayachi avait déjà été visé en 2015 par une tentative d’assassinat perpétrée par l’État islamique. Une bombe avait été placée sous sa voiture. Il avait alors perdu son bras droit dans l’explosion.

L’imam à la longue barbe grise, papy du djihad, était revenu dans l’actualité il y a deux mois quand l’ancien soldat professionnel Hicham Diop avait poignardé deux policiers en rue, à Schaerbeek. L’homme avait annoncé avoir été le disciple du cheikh Bassam.

En Belgique, il était poursuivi pour participation à une organisation terroriste, accusé d’avoir envoyé des jeunes faire le djihad en Afghanistan et en Irak. Il était même considéré comme le numéro 2 d’Al-Qaïda en Europe et se présentait comme le "descendant du prophète en Syrie".

Il a récemment fait l’objet d’un documentaire diffusé sur France Télévisions, intitulé Au nom du père, du fils et du djihad, qui a suivi durant trois ans le destin de la famille de l’ancien imam molenbeekois, que défendait alors l’avocat bruxellois Sébastien Courtoy.

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