Faits divers

Ce mardi après midi, la chambre du conseil de Hal-Vilvorde a ordonné le renvoi devant le tribunal correctionnel de l'ancien responsable dirigeant le Détachement Aérien de la police fédérale, le commissaire Heman Perdu. 

Herman Perdu et trois autres seront jugés pour faux, usage de faux et corruption. Le premier cité sera également jugé pour "harcèlement".

Le Détachement d’Appui aérien de la police fédérale était depuis janvier 2011 au centre d’une instruction pour corruption, ouverte par le parquet de Bruxelles sur des soupçons lourds de malversations et sa gestion depuis des années.

L’instruction débutée par le juge Jeroen Burm visait la direction de ce détachement, que commandait à l'époque le commissaire Herman Perdu.

Des perquisitions furent menées à la base de Melsbroek, aux domiciles privés de membres du personnel, policiers et autres suspects, ainsi qu’aux sièges de plusieurs sociétés – notamment au Zwartberg Airport – liées à l’aéronautique, fournisseurs ou sous-traitants de la police fédérale.

Y participaient plusieurs services de la police fédérale dont la Computer Crime Unit et l’Office central pour la répression de la Corruption, soit au total plusieurs dizaines d’enquêteurs.

Il est bien question d’une enquête à volets multiples, comme par exemple la disparition d’un… simulateur de vol (de 300.000 €!) payé par la police fédérale. L’enquête résulte de dénonciations internes de policiers, civils et militaires attachés à l’Appui aérien, qui ont considéré qu’ils ne pouvaient cautionner de tels “agissements tenant de véritables magouilles”.

Baptisée Héli , l’opération avait été précédée de plusieurs mois de vérifications, recherches et auditions qui n’ont pas contredit les premiers soupçons. Constamment sur la brèche (manifs, circulation routière, recherches de personnes disparues, etc.), le Détachement d’Appui aérien utilise des avions légers (Cessna) et les fameux hélicoptères Explorer. Des ordis ont été saisis à Melsbroek, ainsi que les archives, les livres de vols et la comptabilité complète du Détachement.

En vrac, il est question d’attributions de marchés (pour l’achat de pièces mécaniques, etc.) en dehors des procédures; d’irrégularités au profit de sociétés systématiquement favorisées; de comptabilisation indue d’heures de vol. De nombreux déplacements aériens non justifiés – comme se rendre dans le Limbourg en hélico pour aller... boire un café: quand même coûteux pour le contribuable, le prix de revient de l’heure de vol se situant entre 1.000 et 1.200 € – et l’enquête porte sur des dizaines de ces vols inscrits comme d’exercice.

En cause, des problèmes réels de sécurité aérienne, notamment lors de tests pratiqués les 1er et 2 mai 2010 au-dessus du champ de tir militaire de Brasschaat : des hélicoptères auraient été “poussés au maximum" , non dans le but de vérifier leurs performances, mais d’obtenir des mesures informatiques qu’on aurait cherché à revendre... dans le privé. Autre exemple de matériel disparu: un coûteux cargo hook (équipement de treuil).

En fin d’après-midi, tout le cadre dirigeant du Détachement aérien de la police fédérale était retenu à la cantine de la base, isolé. Et au moins deux dirigeants, le commissaire (ancien lieutenant-colonel de gendarmerie) Herman Perdu et un adjoint, Luc S., auditionnés.

Quatre suspects dont le commissaire Perdu comparaîtront devant le tribunal correctionnel. Tous , à ce stade, sont présumés innocents. La date du procès nj'a pas été fixée.