Faits divers Il achète de plus en plus de l’autre côté de la frontière : + 300 % en France depuis 2008.

L’industrie alimentaire wallonne aurait le moral au beau fixe si deux phénomènes ne venaient pas noircir l’horizon : la baisse de 30 % des exportations vers la France et la nouvelle hausse de 7,8 % des achats transfrontaliers, dont bénéficient essentiellement les magasins d’outre-Quiévrain.

Investissements, emplois et production en hausse : la Fevia a pu dresser un bilan positif de l’année 2016 de sa branche wallonne en marge de la Foire de Libramont : les investissements ont ainsi atteint un niveau record de 382 millions d’euros pour soutenir un chiffre d’affaires en hausse de 1,5 %, à 8 milliards d’euros.

L’emploi a bien bénéficié de cet élan : hausse de 4,4 % des personnes employées, à 17.636 équivalents temps plein.

"L’industrie alimentaire wallonne est la locomotive de l’industrie wallonne", a même pu assurer le président de Fevia Wallonie, Guy Paternoster.

Mais le moteur a l’un ou l’autre raté, dont chacun est source de préoccupation. Il y a tout d’abord le gastro-nationalisme, à savoir la volonté de nombreux États de vouloir privilégier la production locale, ce qui désavantage un secteur comme l’industrie alimentaire wallonne tournée vers l’exportation.

La France, premier marché de l’industrie alimentaire wallonne, impose désormais de mentionner l’origine de la viande et des produits laitiers sur l’étiquetage des produits. Le réflexe nationaliste du consommateur français a ainsi fait chuter de 30 % les exportations de produits laitiers vers l’Hexagone en moins d’un an.

Quant à l’exode des consommateurs belges, il se poursuit inexorablement : la hausse des achats transfrontaliers a été de 7,6 % en 2016, contre 6,6 % en 2015. C’est même 300 % de hausse pour les achats en France depuis 2008 ! "L’accumulation de taxes et cotisations", notamment, pèse sur le coût des produits, rappelle Guy Paternoster, ce qui explique les prix plus élevés des produits vendus en Belgique. Et renforce la tentation de franchir la frontière pour remplir à moindre coût son caddie.