Faits divers Les meurtriers de Vincent Costabeber condamnés à 20 et 10 ans de prison.

Vincent Costabeber avait une grande passion dans la vie : la musique. Si à 44 ans, il ne roulait pas sur l’or, ce Carolo détenait une jolie collection de CD qu’il chérissait au plus haut point. Et c’est pour une poignée d’entre eux qu’il a été tué, le 24 juin 2013.

Malheureusement pour lui, ce garçon souvent trop gentil occupait le même immeuble que Jean-Roch Meunier et Anne Stienon, deux cas sociaux : le premier pour son caractère impulsif qui lui avait déjà valu une condamnation, la seconde pour sa propension à rester oisive, vautrée dans son analphabétisme et son alcoolisme.

Ce jour-là, Stienon et Meunier ont décidé de se faire un peu d’argent en chipant des CD à leur voisin pour les revendre dans une boutique de seconde main. Ils ont d’abord pensé au cambriolage, puis à utiliser des somnifères pour l’endormir. Finalement, ils ont opté pour la ruse amicale en s’invitant chez lui pour boire un verre.

Et la soirée , fortement alcoolisée, a viré au cauchemar pour Vincent Costabeber puisqu’après avoir tenté d’agir discrètement, ses voisins ont décidé de le séquestrer et le tabasser durant près de quatre heures pour lui voler des caisses de CD. "Lorsqu’elle a repris connaissance, la victime s’est retrouvée coincée comme un animal", a expliqué Me Demanet, conseil de la famille Costabeber, devant le tribunal correctionnel de Charleroi. "Il n’a trouvé qu’une seule issue : la fenêtre qu’il a franchie pour se poster sur l’appui et appeler à l’aide. C’est à ce moment que Jean-Roch Meunier l’a poussé dans le vide".

Hospitalisé suite à cette chute de 9 mètres, le quadragénaire est décédé quelques jours plus tard.

Si Anne Stienon a reconnu avoir eu l’intention d’user de la violence pour voler les CD, sans aller jusqu’au crime, Meunier, lui, a nié formellement les faits. Selon lui, Vincent Costabeber s’est suicidé en se jetant par la fenêtre. Et il aurait tenté de le retenir en l’agrippant par le t-shirt, avant que celui-ci ne craque.

Ce lundi, le tribunal a démonté entièrement cette version en se basant sur les expertises. La réception sur les membres inférieurs, à une certaine distance de la façade, ne peut s’expliquer que par une poussée ou une prise d’élan. Or, cette dernière était impossible vu la taille de la fenêtre. En revanche, Anne Stienon et une voisine ont bel et bien évoqué une poussée exercée par Meunier.

Bref, c’est la thèse du meurtre pour faciliter le vol qui a été retenue. Vu ses antécédents et le risque de récidive, l’individu a écopé de 20 ans de prison assortis d’une mise à disposition du tribunal d’application des peines de 5 ans. Son arrestation immédiate a été prononcée. Si la volonté de tuer n’a pas été retenue pour Stienon, cette dernière écope tout de même de 10 ans de prison ferme.